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Haïti – Écosse (0-1) : McGinn met fin à 28 ans d’attente, pas au vieux doute

Jack T. Taylor

Ce tir n’avait rien d’un but. John McGinn l’a frappé de l’entrée de la surface, ballon sautillant et angle se refermant, le genre de demi-occasion qu’un milieu manque cent fois par saison. Puis il a effleuré la jambe d’un défenseur haïtien, dévié sa course et fini contre le poteau de Johny Placide. Vingt-huitième minute au Boston Stadium, 64 146 spectateurs pour le premier match de Coupe du monde de la ville, et l’Écosse — qui n’en avait plus disputé depuis 28 ans — menait. Elle ne marquerait plus. Elle n’en aurait pas besoin. Et c’est la manière, davantage que les trois points, qui devrait empêcher Steve Clarke de dormir.

McGinn était l’homme qu’il fallait pour briser le sortilège, parce qu’il en a porté le poids plus que tout autre. Il a confié que la douleur des échecs écossais ne le quitte jamais vraiment, et on lisait les années dans sa façon de célébrer : non pas le bond de celui qui vient de claquer une frappe somptueuse, mais le soulagement de celui qui attendait depuis longtemps de compter à ce niveau. Le courage n’a jamais été le problème de l’Écosse. McGinn en est la preuve : ce refus de se recroqueviller, cette envie de continuer à courir quand le tableau d’affichage ne récompense rien. Il a couru ainsi toute la soirée.

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Pendant une demi-heure, l’Écosse a eu l’allure d’une équipe à sa place. Ben Gannon-Doak a provoqué le premier vrai arrêt du match, Placide plongeant sur sa droite ; Scott McTominay, surgissant tard dans la surface comme à son habitude, a trouvé le poteau but ouvert. Ce poteau, c’est là que vit la vieille angoisse écossaise — l’idée que l’occasion gâchée est celle qui revient vous hanter — et l’espace d’un instant, le stade a semblé se souvenir de toutes les sélections rentrées trop tôt. Huit Coupes du monde, jamais sortie du premier tour : c’est le record dont personne ne veut, et il était assis dans les tribunes.

Haïti a refusé de suivre le scénario. Une première Coupe du monde en 52 ans, un effectif dirigé par un Français, Sébastien Migné, qui n’a jamais pu fouler le pays qu’il représente à cause des violences sur place, et pourtant les voilà qui grandissent au lieu de se rétracter. Après le but encaissé, ils ont haussé le ton : Ricardo Adé a dévié de la tête un coup franc juste à côté, Wilson Isidor a expédié une autre occasion au-dessus et, en seconde période, Frantzdy Pierrot a prolongé un ballon à quelques centimètres du poteau — l’égalisation que leur audace méritait et que leur finition leur a refusée. Ruben Providence a provoqué une nouvelle mêlée dans la surface ; le bloc a tenu, Placide les a maintenus en vie, et ils sont sortis sous des applaudissements qui voulaient dire quelque chose. Pour l’un des derniers de cordée du tournoi, entraîné à distance par un homme contraint de bâtir une sélection sans patrie, ce fut une prestation plus digne que ne le dit le score.

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C’est la vérité inconfortable que l’Écosse a emportée avec la victoire. Son problème n’a jamais été le cœur ; c’est l’incapacité à tuer un match. Elle a eu Haïti à sa merci, frôlé le deuxième but, et passé la dernière demi-heure à protéger un seul but dévié — Clarke vidant son banc, l’horloge s’égrenant, une volée de cartons jaunes pour Aaron Hickey, Findlay Curtis et Kenny McLean qui trahissaient les nerfs plus que la gestion. Une équipe meilleure qu’Haïti convertit l’une de ces occasions. Une équipe meilleure qu’Haïti, c’est précisément ce qui arrive.

Car le calendrier ne fait pas de cadeau. Le Maroc au prochain match, le Brésil ensuite — des équipes qui n’auront pas besoin d’une déviation pour marquer ni ne gâcheront ce que l’Écosse a offert à Haïti. La Tartan Army a eu la soirée pour laquelle elle a traversé un océan, et McGinn a eu le moment qu’une carrière de presque lui devait. Mais ce qui a renvoyé l’Écosse chez elle après huit Coupes du monde n’a jamais été le manque de courage : c’était le but qui manquait. Elle a mis fin à la longue attente. Quant au doute qui la suit depuis toujours, ce sont les quatre-vingt-dix prochaines minutes, pas celles-ci, qui diront s’il est levé.

Coupe du Monde 2026 · Boston Stadium
John McGINN 28'
Haiti · 4-4-24-4-2 · Scotland
1Placide ★
2Arcus
4Ricardo Adé
5DELCROIX
8Martin EXPERIENCE
10Jean-Ricner BELLEGARDE
17Danley JEAN JACQUES
11Louicius DEEDSON
15Ruben PROVIDENCE
18ISIDOR
20Frantzdy PIERROT
1GUNN
2Aaron HICKEY
3Andy ROBERTSON ★
5Grant HANLEY
13Jack HENDRY
4Scott McTOMINAY
7John McGINN
19Lewis FERGUSON
10Che ADAMS
17Ben GANNON-DOAK
20Lawrence SHANKLAND

Faits du match

28'
John McGINN ⚽
🟨 Jean-Ricner BELLEGARDE
39'
46'
Aaron HICKEY 🟨
🔁 Josue CASIMIR ↔ Louicius DEEDSON
61'
🔁 Lenny JOSEPH ↔ Wilson Isidor
75'
75'
Lyndon DYKES ↔ Che Adams 🔁
75'
Ryan Christie ↔ Ben GANNON-DOAK 🔁
75'
Nathan PATTERSON ↔ Aaron HICKEY 🔁
82'
Findlay CURTIS ↔ John McGinn 🔁
82'
Kenny McLEAN ↔ Lawrence SHANKLAND 🔁
🔁 Yassin FORTUNE ↔ Ruben PROVIDENCE
85'
90'+1'
Findlay CURTIS 🟨
90'+5'
Kenny McLEAN 🟨

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