Affaires et finances

PCE de juillet à 3,7 % : Warsh arrive à Jackson Hole sans marge pour baisser les taux

Victor Maslow

L’indicateur d’inflation préféré de la Réserve fédérale a refusé de coopérer en juillet. L’indice PCE global — les dépenses de consommation personnelles — s’est établi à 3,7 % sur un an, un cheveu au-dessus des 3,6 % attendus. L’indice PCE de base, qui exclut l’alimentation et l’énergie et compte davantage pour les décideurs de la Fed, est resté exactement là où il se trouve depuis deux mois consécutifs : 3,3 %. Les données n’ont montré aucun signe du refroidissement dont le marché avait besoin pour intégrer une baisse des taux en septembre.

La conséquence est concrète pour la plupart des ménages. Les taux hypothécaires américains, qui suivent les rendements obligataires et les anticipations de politique de la Fed, tournent autour de 6,75 %. Pour quiconque cherche à acheter une maison ou à refinancer un prêt à un taux plus bas, chaque mois d’inaction de la Fed est un mois de plus où l’arithmétique reste bloquée. Les locataires subissent la même dynamique avec un décalage : les propriétaires qui refinancent des prêts arrivant à échéance répercutent la hausse des coûts de financement, compressant le budget de ceux qui n’ont jamais emprunté.

Les données sont tombées la veille du symposium annuel de la Réserve fédérale à Jackson Hole, dans le Wyoming, où Kevin Warsh, le président de la Fed, prononce le discours principal vendredi. Warsh a pris les rênes de la Fed en mai et, depuis son premier jour, opère différemment de ses prédécesseurs : pas d’indications prospectives, pas de signaux avant les réunions du comité, pas de « fedspeak » destiné à gérer les anticipations du marché à l’avance. Ce vendredi, son intervention est donc le discours de Jackson Hole le plus riche en informations depuis des années — le seul vrai signal de taux que le marché reçoit avant la réunion du FOMC des 16-17 septembre.

Les marchés à terme ont immédiatement réévalué leurs positions. La probabilité que la Fed maintienne son taux directeur entre 3,50 et 3,75 % jusqu’en septembre est passée de 52 % à 64 % en une seule séance de bourse, selon l’outil de suivi des taux du CME Group. Les attentes de hausse de taux, endormies depuis des mois, ont recommencé à s’inscrire dans les prix. Les rendements obligataires ont grimpé ; les secteurs du marché actions sensibles aux taux ont perdu du terrain.

Le contre-argument mérite d’être entendu. L’indice PCE de base — la mesure que la plupart des responsables de la Fed disent réellement guider leur politique — est ressorti exactement conforme aux attentes. Les dépenses de consommation ont augmenté de 0,2 % en juillet, et les revenus personnels de 0,4 %. L’économie ne se contracte pas, et le marché du travail, bien que plus mou qu’il y a un an, ne s’est pas effondré. Les données de juillet rendent une baisse des taux en septembre peu plausible. Elles ne rendent pas une hausse inévitable. La distance entre « coincé » et « réaccélération » est une question que le rapport sur l’emploi d’août et l’indice CPI d’août permettront de trancher en partie.

L’asymétrie de la position de la Fed frappe de manière inégale. Les détenteurs de prêts hypothécaires à taux fixe sont largement protégés. Les emprunteurs à taux variable, les détenteurs de cartes de crédit et les entreprises endettées à taux flottant continuent d’absorber le coût de chaque mois sans assouplissement. Pour les travailleurs, le même indice PCE qui frustre la Fed explique aussi pourquoi les salaires réels n’ont que modestement augmenté malgré un taux de chômage historiquement bas — le chiffre global cache une répartition qui frappe certains ménages directement et d’autres sous la forme d’une stagnation silencieuse.

D’ici la décision du FOMC des 16-17 septembre, deux autres données arrivent : le rapport sur l’emploi d’août et l’indice CPI d’août, tous deux publiés avant la réunion du comité.

Si l’indice PCE de base est toujours à 3,3 % lorsque septembre arrivera, la question que Warsh devra trancher n’est pas de savoir s’il faut baisser les taux. C’est de savoir si 3,5 % est suffisamment élevé.

Étiquettes: , , , , ,

Discussion

Il y a 0 commentaire.