Cinéma

Malkovich, Rockwell, Buscemi et Tom Waits réunis par McDonagh : ‘Wild Horse Nine’ entre en compétition à Venise

Martha Lucas

Martin McDonagh a présenté en compétition à la 83e Mostra de Venise Wild Horse Nine, où John Malkovich et Sam Rockwell campent deux agents de la CIA envoyés sur l’île de Pâques peu avant le coup d’État chilien de 1973. C’est le premier long métrage du cinéaste irlando-britannique depuis Les Banshees d’Inisherin, et il vise le Lion d’or.

Ce qui frappe d’abord, c’est la distribution — et chez McDonagh, la distribution est une signature. Malkovich joue Chris, l’agent chevronné ; Rockwell est Lee, son cadet ; Steve Buscemi campe leur chef de poste, MJ, qui expédie les deux hommes de Santiago vers les moaï. Parker Posey incarne l’épouse de Lee, Tom Waits le frère de Chris. C’est la réunion d’une certaine tradition du second rôle américain, ces visages taillés pour la comédie noire, sous la houlette d’un dramaturge qui les fait parler jusqu’au crime.

Car McDonagh vient du théâtre, et son cinéma en garde la mécanique : deux êtres dans un espace clos qui discutent jusqu’à la violence. Bons baisers de Bruges, Les Banshees d’Inisherin — toujours le huis clos, le dialogue affûté, l’humour et la cruauté dans la même réplique. Avec Wild Horse Nine, il fait éclater ce huis clos à l’échelle d’un océan : deux étudiantes, la Chilienne Mariana Di Girolamo et l’Argentine Ailín Salas, viennent dérégler la mission.

Autour de lui, les fidèles : le chef opérateur Ben Davis, le compositeur Carter Burwell, et Blueprint Pictures à la production avec Film4. L’enjeu de la première tient à ce grand écart — un auteur de chambres closes qui adosse une farce d’espionnage à l’Histoire réelle, la main américaine dans la chute de Salvador Allende. Coproduction Royaume-Uni–États-Unis–Chili, le film dure 118 minutes.

Wild Horse Nine concourt pour le Lion d’or, remis le 12 septembre par le jury présidé par Maggie Gyllenhaal. Searchlight le sortira aux États-Unis le 6 novembre. Venise, qui a déjà couronné deux fois le scénario de McDonagh, lui offre encore une fois sa scène la plus exposée.

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