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Zidane, nouveau sélectionneur des Bleus : un choix tactique, pas une simple nostalgie

Kenji Nakamura

La France n’a pas tant engagé un sélectionneur qu’elle a mis fin à une attente. Zinedine Zidane est le nouveau manager de l’équipe nationale, et la tentation est de classer cela sous le conte de fées — le plus grand joueur que le pays ait jamais produit, de retour sur le banc. Lisez la décision de plus près et le sentiment s’amincit. C’est un choix de conception, et il a été long à se préparer.

Le détail que tout le monde répète et que personne ne s’attarde vraiment est le refus. Zidane n’a pas dérivé vers les Bleus entre deux projets. Il a refusé club après club pour garder une chaise au chaud, disant que l’équipe de France était la seule chose qu’il voulait faire. Ce n’est pas de la romance. C’est un pari — un entraîneur misant la période la plus bancable de sa carrière d’entraîneur sur le pari que ce poste spécifique deviendrait vacant, et qu’il serait celui à qui on le confierait.

Le pari recadre la nomination. Un retour au pays est passif ; on arrive parce qu’une porte s’ouvre. Ce que Zidane a fait était plus proche de tenir une position — refuser l’abri d’un club, où une mauvaise saison peut être survécue en silence, pour attendre un poste sans répétition et sans endroit où se cacher. Son premier banc compétitif depuis des années est un prétendant à la Coupe du Monde qu’il doit maintenant remodeler à son image, en direct.

Et l’image est le point. Demandez à Zidane ce qui le meut et il répond comme le meneur de jeu qu’il était : le jeu, les buts, le ballon vers l’avant. Pendant plus d’une décennie, la France a gagné d’une autre manière. Didier Deschamps a construit une machine de contrôle et de prudence, une équipe conçue pour encaisser peu et décider tard. C’était impitoyablement efficace et rarement aimé à la maison, parce que gagner par suppression n’a jamais ressemblé au football que la France estime mériter.

Il y a une symétrie sur laquelle la fédération compte clairement. La dernière fois que le jeu de la France ressemblait indubitablement à lui-même — inventif, sur le front, réglé par l’imagination d’un meneur de jeu — Zidane était le meneur de jeu. Lui confier la conception est une façon de demander à l’équipe de se souvenir de ce qu’elle était autrefois, de la part de l’homme unique ayant l’autorité pour insister là-dessus.

Cette ère ne s’est pas terminée dans le contrôle. Elle s’est terminée par une quatrième place et une défaite 6-4 contre l’Angleterre lors du match pour la troisième place, un score qui ressemble à un système débordé plutôt qu’à un plan manqué de peu. Quoi que la défaite ait réglé d’autre, elle a clos l’argument selon lequel le pragmatisme seul continuerait de porter cette génération. La France ne s’est pas tournée vers un idéaliste offensif sur un coup de tête ; elle l’a fait une fois que le modèle de contrôle avait été poussé au-delà de ce qu’il pouvait contenir.

Le gage qui empêche le virage de sembler naïf est celui qui a rendu l’attente défendable. Le Real Madrid de Zidane n’était pas un séminaire de possession ; c’étaient trois Ligues des Champions consécutives construites sur la confiance aux attaquants et la gestion d’un vestiaire plus lourd que n’importe quelle équipe nationale. Il porte les instincts d’un numéro 10 et la preuve d’un gagnant en série qu’ils se convertissent en trophées. Le pari que la France assortit est que l’instinct et la preuve arrivent ensemble.

Les termes courent sur quatre ans, jusqu’à la Coupe du Monde 2030, avec le poste débutant début août. Le président de la fédération Philippe Diallo lui confie d’abord un groupe de Ligue des Nations, pas un amical tranquille — un déplacement pour affronter la Türkiye pour commencer, puis l’Italie au Stade de France, avec la Belgique également en attente. C’est un calendrier conçu pour lire rapidement le France de Zidane, avant que le sentiment ne se refroidisse.

Ainsi, le pari va maintenant dans les deux sens. Zidane a passé les années les plus sûres de sa vie d’entraîneur à refuser tout filet sous lui ; la France les a passées à attendre un homme qui n’a pas encore dû perdre en public. L’un de ces paris est sur le point d’être testé en premier.

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