Cinéma

365 Days : un thriller érotique brouillon et à côté de la plaque

Une sorte de Cinquante nuances de Grey de série B, en plus vulgaire
Molly Se-kyung
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Le premier plan de 365 Days s’attarde lentement sur les abdominaux sculptés de Michele Morrone — parce qu’à quoi bon jouer la carte de la subtilité quand on peut plonger d’emblée le public dans un fantasme érotique ? Réalisé par Barbara Białowąs et Tomasz Mandes, ce thriller érotique polonais est adapté du roman de Blanka Lipińska. On y suit Laura Biel (Anna-Maria Sieklucka), kidnappée par Massimo Torricelli (Morrone), un chef de la mafia sicilienne qui lui donne 365 jours pour tomber amoureuse de lui.

365 Days se veut un thriller romantique sombre, teinté d’érotisme. Le résultat est plutôt une histoire bancale et à côté de la plaque, qui trébuche sur ses propres pieds. La photographie s’efforce de séduire, à grands renforts d’effets faciles comme les ralentis et les éclairages dramatiques, mais retombe souvent dans l’usage éculé de la caméra tremblante, qui ne fait que rendre des scènes déjà maladroites encore plus décousues.

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Sieklucka et Morrone partagent une alchimie indéniable, notamment lors de leurs confrontations tendues et chargées d’émotion. Massimo, le personnage de Morrone, est fascinant : il mêle brutalité et vulnérabilité. Mais le scénario le réduit souvent à un simple stéréotype taciturne. Laura, interprétée par Sieklucka, se montre quant à elle frustrante de passivité, et son évolution émotionnelle paraît précipitée et peu crédible.

Le principal défaut du film tient à la manière dont il traite la question du consentement. Massimo affirme qu’il ne touchera pas Laura sans sa permission, mais son comportement agressif contredit cette promesse et crée une dynamique déroutante et problématique. Le film tente de romantiser ce rapport de force, mais ne fait que mettre en lumière ses propres failles morales.

Là où 365 Days réussit, c’est dans sa capacité à faire réagir. C’est un film qui appelle la discussion, ne serait-ce que pour son audace, sinon pour ses qualités. Ses thèmes et ses scènes controversés en font une expérience captivante — quoique frustrante —, même si l’exécution laisse beaucoup à désirer.

Au bout du compte, 365 Days est un ratage imparfait, mais fascinant. Le film vous fera lever les yeux au ciel, tout en continuant de vous trotter dans la tête. Que ce soit une qualité ou un défaut dépend de votre tolérance aux contenus problématiques et aux récits bancals.

L’intrigue du film est aussi mince que les chemises en soie de Massimo. Laura, une jeune femme de Varsovie, se retrouve en Sicile avec son petit ami, Martin. Après une rencontre fortuite avec Massimo, elle est kidnappée et emmenée dans sa villa. Il lui donne un an pour tomber amoureuse de lui. Le point de départ est absurde, mais le film assume son invraisemblance avec un sérieux imperturbable, ce qui le rend d’autant plus divertissant dans le genre « tellement mauvais que ça en devient bon ».

Les performances sont inégales. Morrone apporte un certain charisme au rôle de Massimo, qui se révèle à la fois terrifiant et curieusement séduisant. Son intensité taciturne est palpable, même si le personnage reste unidimensionnel. Sieklucka, de son côté, peine à donner vie à Laura. Son jeu manque de naturel, et il est difficile d’adhérer à son parcours émotionnel quand elle passe la majeure partie du film l’air déconcerté et mal à l’aise.

Les seconds rôles ne s’en sortent guère mieux. Bronisław Wrocławski, dans le rôle de Mario, et Otar Saralidze, dans celui de Domenico, font à peine plus que de la figuration, tandis que Magdalena Lamparska, en Olga, et Natasza Urbańska, en Anna, ne sont que des faire-valoir sans relief face aux charmes supposés de Laura. La seule à sortir du lot est Grażyna Szapołowska, qui incarne la mère de Laura et apporte une dose bienvenue de chaleur et d’humanité à l’univers autrement froid et calculateur de la famille criminelle Torricelli.

La réalisation pose tout autant problème. Białowąs et Mandes semblent davantage soucieux de créer un film visuellement frappant que de raconter une histoire captivante. Le résultat est un long métrage séduisant à l’œil, mais creux. Les scènes s’étirent inutilement et le rythme manque de régularité ; les moments de tension sont désamorcés par des touches d’humour mal amenées.

La bande-son constitue un autre point faible. La musique en fait trop, soulignant chaque émotion avec lourdeur. Quant aux dialogues, ils sont souvent embarrassants, avec des répliques qui semblent tout droit sorties d’un feuilleton télévisé.

Malgré ses nombreux défauts, 365 Days possède un attrait indéniable. C’est le genre de film qu’on regarde malgré soi, partagé entre fascination et effroi. Ses thèmes et ses scènes controversés en font une expérience captivante — quoique frustrante —, même si l’exécution laisse beaucoup à désirer.

Au bout du compte, 365 Days est un ratage imparfait, mais fascinant. Le film vous fera lever les yeux au ciel, tout en continuant de vous trotter dans la tête.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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