Technologie

Nevada autorise 7 000 robotaxis payants à Las Vegas — Tesla en tête avec 5 000

Susan Hill

L’autorité des transports du Nevada a voté à l’unanimité le 20 août pour approuver les permis de transport autonome payant pour Tesla, Waymo et Uber dans le comté de Clark — la région qui englobe Las Vegas. La répartition combinée : 5 000 pour Tesla, 1 000 pour Waymo, 1 000 pour Uber. Soit 7 000 véhicules autonomes autorisés à opérer commercialement dans une seule zone métropolitaine.

Pour comprendre ce que ce chiffre représente, il faut regarder tous les programmes de robotaxis qui l’ont précédé. Avant le vote du Nevada, aucune ville ni région n’avait autorisé plus de quelques centaines de véhicules autonomes à une exploitation commerciale. Les affrontements de San Francisco avec Waymo et Cruise se sont joués à quelques centaines d’unités. Le comté de Clark, d’un seul vote unanime, en a autorisé sept fois plus.

L’attribution de Tesla est la plus lourde de conséquences des trois. L’entreprise prépare depuis des années son logiciel Full Self-Driving pour un déploiement commercial, mais n’a encore lancé aucun service de robotaxi payant à grande échelle nulle part. Le permis du Nevada lui accorde la plus large autorisation jamais octroyée à un exploitant de robotaxis — dans une ville dont l’économie du divertissement, les artères très fréquentées et la demande 24 heures sur 24 en font à la fois un terrain d’essai idéal et impitoyable.

Waymo et Uber arrivent avec plus d’expérience des courses autonomes. Waymo exploite déjà des robotaxis payants à Phoenix et San Francisco. Les 1 000 permis d’Uber s’appuient sur des partenariats avec la filiale de Hyundai, Motional, et Zoox, la société de véhicules autonomes d’Amazon, qui mène des opérations commerciales à Las Vegas depuis un certain temps. Ces nouveaux permis placent Uber sur un pied d’égalité avec ses deux rivaux.

Les approbations ne sont pas sans conditions. Les entreprises doivent déposer des documents d’assurance, soumettre leurs tarifs à l’examen de la Nevada Transportation Authority, signaler les accidents et incidents, et tenir des registres détaillés d’inspection et de réparation. L’autorité peut révoquer les permis en cas de non-conformité. Les syndicats de taxis et de VTC se sont opposés à ces autorisations, invoquant des craintes de saturation du marché et d’impact sur les chauffeurs professionnels.

Pour Las Vegas, la logique est claire. La ville affiche l’une des plus fortes concentrations de trafic visiteurs au monde, une population de touristes souvent peu familière avec les routes locales, et un schéma de demande de courses — nuits tardives, embouteillages sur le Strip, volume élevé — où les véhicules autonomes offrent de réels avantages en termes de coût et de disponibilité continue.

La course se joue désormais sur une piste numérotée. Tesla, Waymo et Uber ont chacun leurs permis, leurs plafonds, et leur année pour démontrer à quoi ressemble le transport autonome payant à l’échelle que le Nevada vient d’autoriser. Las Vegas accueille l’expérience. Quant à savoir si la technologie est prête pour autant d’attentes — cette réponse est encore en cours.

Étiquettes: , , , , ,

Discussion

Il y a 0 commentaire.