Football

Coupe du monde 2026, quarts de finale : la France élimine le Maroc en douze minutes et rend l’heure précédente sans objet

Jack T. Taylor

Le Maroc a produit la meilleure occasion du premier acte et a failli faire basculer le match. La France a absorbé le coup, attendu, et marqué deux fois en six minutes pour clore un quart de finale qu’elle n’a jamais semblé considérer comme serré.

Il y a une façon qu’a la France de gagner ses matchs qui confine au dépouillement délibéré. Elle n’écrase pas ses adversaires et ne construit pas sa pression en vagues soutenues. Elle attend son moment, le traverse, et quand l’autre équipe comprend ce qui s’est passé, le match est déjà classé. Le Maroc en a fait l’expérience à Los Angeles sur quatre-vingt-dix minutes : compétitif et courageux pendant une heure, puis battu 2-0 par une équipe qui n’a montré à aucun moment le moindre signe d’effort apparent.

La première mi-temps a été l’argument le plus solide du Maroc. Compact et bien organisé, il avait contenu Kylian Mbappé et l’attaque française dans le domaine du rien de dangereux, et transformé sa propre rigueur défensive en l’occasion la plus nette du match : un penalty, avec Mbappé qui s’en chargeait. Yassine Bounou a deviné le bon côté et l’a repoussé, un arrêt qui peut soulever toute une équipe. Rien dans la réaction française ne laissait penser qu’elle avait remarqué quoi que ce soit. Elle est retournée à ce qu’elle faisait, posée, et a attendu.

À l’heure de jeu, Mbappé a répondu. Une frappe basse et directe au ras du poteau de Bounou, sans cérémonie, la réplique d’un attaquant à qui l’on avait dit non, écrite dans la simplicité du geste. Six minutes plus tard, Mbappé a servi Ousmane Dembélé, qui est arrivé au second poteau pour conclure du gauche. Deux buts en six minutes ont décidé d’un quart de finale que le Maroc avait passé une heure à tenir à égalité. C’est l’économie française dans ce tournoi : elle n’use pas. Elle attend, et ensuite elle a fini.

La France est la seule équipe encore en lice à avoir remporté ses six matchs, et la seule de la compétition à ne jamais avoir été contrainte à la prolongation. L’équipe de Didier Deschamps n’a pas produit le football le plus captivant de la Coupe du monde. Cette observation ressemble presque à un compliment. Une équipe qui ne se dépense pas à courir après les buts dispose de davantage de ressources quand il faut décider quelque chose, et la France a semblé, à chaque stade, tenir quelque chose en réserve.

Le Maroc repart en ayant livré le football de coupe le plus discipliné depuis son parcours jusqu’au dernier carré de 2022. Il a été plus tranchant que le score ne le suggère, particulièrement en première mi-temps, et méritait davantage d’un arrêt de Bounou qui, dans la plupart des matchs, aurait créé une brèche. Face à la France, il n’a rien créé. Le penalty a été arrêté, le public a réagi, et la France a continué comme si elle traitait une formalité administrative mineure.

La demi-finale tombe le jour de la Fête nationale. La France attend désormais le vainqueur de l’Espagne et la Belgique, et celui qui émergera de cette rencontre arrivera après avoir survécu à un choc de poids lourds. La France arrivera sans avoir survécu à quoi que ce soit, reposée, sans une égratignure, et avec un bilan qui commence à paraître non seulement remarquable mais discrètement historique. La seule question que ce tournoi ne lui a pas encore posée — peut-elle gagner en étant menée — reste sans réponse. C’est là-dessus que quelque chose, quelque part dans le dernier week-end, va probablement changer.

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