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Renata Notni, ou comment quitter le star-système mexicain par le haut

Penelope H. Fritz
Renata Notni
Renata Notni
Photo via The Movie Database (TMDB)
Naissance2 janvier 1995
Cuernavaca, Morelos, Mexico
ProfessionActrice
Connu pourLa Faute au karma ?, Papa ne fait pas de cadeaux, Malcriados
RécompensesTVyNovelas

Il existe, dans l’industrie du divertissement latin-américain, une structure qui reproduit les mêmes trajectoires depuis des décennies : l’entrée dans une école de formation institutionnelle, les rôles de figuration, les telenovelas, la reconnaissance nationale — et, pour la grande majorité, l’horizon qui s’arrête là. Renata Notni a suivi ce chemin jusqu’au bout, remporté les prix que ce système distribue, puis entrepris de le quitter de manière méthodique.

Née à Cuernavaca, Morelos, elle intègre enfant le CEA Infantil, l’école de théâtre du groupe Televisa, et fait ses débuts à l’écran à dix ans dans la telenovela Código Postal (2006). Les années qui suivent construisent son crédit professionnel : La rosa de Guadalupe, Mar de amor, Un Gancho al Corazón, puis les premiers rôles principaux avec Amor de barrio (2015) et Sueño de amor (2016), qui lui vaut le prix TVyNovelas de la Meilleure Jeune Actrice. En 2014, dans l’intervalle de deux productions, elle s’inscrit au Stella Adler Acting Studio de New York — un choix discret qui signale, rétrospectivement, une ambition orientée vers un autre horizon.

La plateforme Netflix constitue le premier pivot significatif. El Dragón: Return of a Warrior (2019) positionne la série entre le format telenovela et l’esthétique du streaming international. La venganza de las Juanas (2021, Netflix), tournée en Colombie et conçue pour un public mondial, lui offre l’exposition à l’échelle à laquelle elle aspirait. Son personnage de Juana Valentina lui vaut une reconnaissance bien au-delà des frontières mexicaines. Le film ¡Qué Culpa Tiene el Karma! (2022, Netflix) prolonge cette présence sur la plateforme.

La question qui se pose alors est celle que soulève toute trajectoire similaire : le passage de la télévision nationale aux plateformes mondiales constitue-t-il une évolution créative réelle ou un déplacement latéral dans la même économie du prestige ? La série Zorro (2024, Amazon Prime Video), où elle donne la réplique à l’acteur espagnol Miguel Bernardeau, offre une réponse partielle. Accueillie de façon mitigée par la critique — saluée pour avoir redéfini le personnage de Lolita Márquez en combattante active, critiquée pour des incohérences de ton — la série la révèle néanmoins comme l’un de ses éléments les plus convaincants.

C’est avec Coyote que la réponse se précise. Tournée à Nogales, Sonora, et sur le territoire américain, cette production hollywoodienne la place en tête d’affiche aux côtés de Mel Gibson. Le sujet — la traversée clandestine de la frontière, les familles séparées, le coût humain de la migration — confère au film une gravité qui le distingue des premiers rôles en langue anglaise habituellement proposés aux actrices latino-américaines. Elle n’est pas la couleur locale dans l’histoire de quelqu’un d’autre. La sortie est attendue à l’automne 2026.

En parallèle, elle a développé une ligne de vêtements, RM, en collaboration avec Marce Colokuris, et lancé en 2025 Bliss the Concept, une plateforme de bien-être. Sa relation de cinq ans avec l’acteur Diego Boneta a pris fin en mars 2026, les deux parties ayant géré cette séparation publiquement avec une sobriété peu commune : respect mutuel, sans amertume.

Avec Coyote en post-production et une notoriété à son niveau le plus élevé, la trajectoire que Renata Notni a construite depuis ce cours new-yorkais de 2014 arrive à son test le plus décisif. La question reste ouverte : que fera le film de ce moment ? Ce qui est certain, c’est la méthode qui y a conduit — et le fait que chaque étape a été, à sa façon, délibérée.

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