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Arnold Schwarzenegger, la mythologie de soi comme seul projet indéfectible

Penelope H. Fritz
Arnold Schwarzenegger
Arnold Schwarzenegger
Naissance30 juillet 1947
Thal, Styria, Austria
ProfessionActeur
Connu pourTerminator 2 : Le Jugement dernier, Terminator, Le prédateur
RécompensesGolden Globe · Emmy

Il y a quelque chose de presque austère dans la trajectoire d’Arnold Schwarzenegger : un plan conçu à dix-sept ans dans un village de Styrie, exécuté avec une rigueur qui a rarement souffert la dérogation. Le culturisme, Hollywood, la politique — trois chapitres annoncés à l’avance, accomplis dans l’ordre. Ce qui reste, à 77 ans, c’est la question de ce qu’on fait quand le plan est terminé. King Conan, qu’il tourne en 2026 sous la direction de Christopher McQuarrie, ressemble à une réponse : on revient là où tout a commencé.

Il est né à Thal, village de la province de Styrie en Autriche, second fils d’un chef de police local dont l’ambition pour son fils ne dépassait pas les horizons de la région. Arnold découvre les haltères à quinze ans. Ce qui suit est moins une révélation sportive qu’une décision stratégique : ce corps sera le vecteur de la sortie. Mr. Universe à vingt ans, en 1967 — le plus jeune lauréat de l’histoire du concours. Sept titres de Mr. Olympia entre 1970 et 1975, puis un huitième en 1980 dont la légitimité est contestée jusqu’à aujourd’hui dans le milieu du bodybuilding.

Le documentaire Pumping Iron, de 1977 — connu en France sous le titre Arnold le Magnifique — est le premier portrait public de ce qu’il est vraiment. Schwarzenegger y explique, face caméra et sans aucune gêne, les tactiques psychologiques qu’il emploie pour déstabiliser ses adversaires avant même que la compétition commence. Ce n’est pas un film sur le bodybuilding. C’est un film sur la construction d’une marque.

Conan le Barbare, en 1982, lui ouvre Hollywood. Terminator, deux ans plus tard, le définit. James Cameron transforme ce qui aurait dû être un handicap — l’accent autrichien, le physique hors norme — en vecteur idéal de l’angoisse américaine face à l’ère nucléaire. La décennie qui suit produit le catalogue le plus visible du cinéma d’action : Predator, Total Recall, Terminator 2 : Le Jugement Dernier — 519 millions de dollars de recettes mondiales en 1991 — et True Lies, dernière collaboration avec Cameron.

Il faut s’arrêter sur deux épisodes que la mythologie officielle préfère reléguer en arrière-plan. Le premier concerne sa victoire au Mr. Olympia de 1980, jamais vraiment acceptée par le milieu du bodybuilding. Le second, beaucoup plus lourd, est la révélation, en mai 2011, qu’il avait eu un fils, Joseph Baena, avec Mildred Patricia Baena, employée de maison au service de sa famille pendant les années de son mariage avec la journaliste Maria Shriver. L’enfant avait grandi dans la même demeure. Shriver l’ignorait. Cet épisode constitue la fissure que tous les chapitres suivants n’ont pas entièrement comblée.

Arnold Schwarzenegger
Arnold Schwarzenegger. Photo via The Movie Database (TMDB)

Il gouverna la Californie deux mandats, de 2003 à 2011. Son bilan le plus durable n’est pas cinématographique mais législatif : le California Global Warming Solutions Act de 2006, première loi de plafonnement des émissions adoptée par un État américain. L’initiative climatique qui porte son nom et le Sommet mondial autrichien qu’il organise chaque année à Vienne en découlent directement.

FUBAR, la comédie d’espionnage Netflix qu’il a portée à partir de 2023, a mieux fonctionné que prévu : la première saison s’est classée dans le top dix de la plateforme dans 92 pays. La deuxième, diffusée en juin 2025, a été annulée. King Conan arrive en 2028. The Man with the Bag, comédie de Noël avec Alan Ritchson sur Prime Video, en décembre 2026.

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À 77 ans, Schwarzenegger continue de poser la question de ce que son corps peut signifier à l’écran — une question que la plupart des acteurs de sa génération ont cessé de formuler depuis longtemps. La cohérence avec le plan écrit à dix-sept ans est, au minimum, troublante.

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