Cinéma

Jesse Eisenberg qualifie les Cavaliers de rôle qui le rend le plus heureux, tandis que Lionsgate prépare ‘Now You See Me 4’

Le grand névrosé de l'écran dit que le fanfaron J. Daniel Atlas est le seul rôle qui lui permet de se tenir droit, alors qu'un quatrième film prend forme
Martha Lucas

Jesse Eisenberg a bâti deux décennies de travail à l’écran sur l’inconfort : la cruauté sèche de Mark Zuckerberg dans The Social Network, le chagrin à vif qu’il a écrit pour lui-même dans A Real Pain, toute une galerie d’hommes incapables de cesser de s’excuser de l’espace qu’ils occupent. Il y a donc quelque chose de désarmant dans son aveu que le rôle qui le rend le plus heureux ne réclame rien de ce climat intérieur. C’est J. Daniel Atlas, l’illusionniste au verbe soyeux des films Now You See Me : un homme qui ne doute jamais, ne flanche jamais, ne s’excuse jamais.

Au micro de The Wrap, Eisenberg a confié qu’il « adorerait faire Now You See Me 4 plus que tout au monde » et qu’il « ne s’est jamais senti plus heureux » que dans la peau d’Atlas. C’est, dit-il, le « seul personnage avec lequel je peux me tenir droit et porter une tenue plus élégante », son « endroit le plus heureux ». Pour un acteur dont l’art est la microscopie de l’angoisse, l’attrait tient tout simplement à la parenthèse qu’il offre.

La remarque sonne moins comme une promotion de la franchise que comme un acteur décrivant un rôle qui va à contre-courant de sa propre nature. Atlas est pure assurance jouée, un personnage entièrement fait de surface et de diversion : l’opposé des hommes intérieurs et bourreaux d’eux-mêmes vers lesquels Eisenberg revient ailleurs. L’incarner, c’est troquer l’excavation contre le tour de passe-passe, et Eisenberg ne cache pas qu’il savoure l’échange : la posture, la coupe du costume, le droit d’être sûr de soi.

Son souhait ne tombe pas de nulle part. Lionsgate a réactivé une franchise que beaucoup croyaient endormie avec Now You See Me: Now You Don’t l’an dernier, le doux redémarrage de Ruben Fleischer qui a glissé une nouvelle génération de Cavaliers — Justice Smith, Dominic Sessa et Ariana Greenblatt — aux côtés des originaux. En trois films, la série a désormais fait apparaître plus de 932 millions de dollars dans le monde, de quoi convaincre un studio que le tour a toujours son public.

Un quatrième volet est déjà en développement, avec le retour prévu de Fleischer ; le président de Lionsgate, Adam Fogelson, l’a confirmé au CinemaCon. Now You Don’t, sorti en novembre 2025, a engrangé depuis quelque 243 millions de dollars. Eisenberg, autrement dit, pousse une porte que le studio a déjà ouverte.

Il y a là une ironie discrète. L’interprète qui s’est fait un nom en jouant des gens qui s’excusent d’exister veut, avant tout, continuer à jouer celui qui ne le fait jamais — et pour une fois, le box-office lui donne raison.

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