Football

West Ham en tête de Championship : Jarrod Bowen connaît déjà ce chemin

Jack T. Taylor

Le capitaine a pris le ballon tôt à Bolton et a fait ce que les capitaines sont censés faire : il a décidé que la soirée se déroulerait d’une certaine manière, puis a fait en sorte que cela arrive. Jarrod Bowen a marqué le premier but, a rattrapé le match quand il menaçait de leur échapper, et l’a conclu. West Ham a quitté le nord-ouest en tête du Championship, et l’homme qui les y a portés est le seul footballeur en claret et bleu à savoir précisément ce que cette division peut prendre à un joueur, et ce qu’elle peut lui rendre.

Presque tout le monde au club avait une raison d’être ailleurs cette saison. Bowen avait la meilleure raison de toutes. Un capitaine de son envergure, toujours attaquant international, n’a pas à passer le cœur de sa carrière en deuxième division. Il est resté. Ce choix, bien plus que n’importe quel remaniement en coulisses, est la réponse honnête à la question qui plane sur cet effectif : West Ham peut-il laisser le passé derrière lui ? Leur capitaine l’a déjà fait une fois, depuis plus loin que quiconque dans le vestiaire.

La victoire au Toughsheet Community Stadium s’est achevée sur un 3-2, le doublé de Bowen encadrant la rencontre. C’était un troisième succès consécutif en championnat, après Wolves et Derby, et il a propulsé West Ham au sommet, à égalité de points avec Swansea City et devant à la différence de buts. Onze points en six matchs. Pour un club qui évolue hors de l’élite pour la première fois en quinze ans, c’est le moyen le plus rapide d’affirmer que la chute ne doit pas définir la saison.

Bowen a fait ses classes à Hereford, un club qui s’est effondré sous lui alors qu’il était encore adolescent, et s’est reconstruit à Hull City, où il a été pendant un temps le meilleur attaquant de cette même division, un ailier de l’équipe-type du Championship qui marquait en séries. Le transfert à West Ham, pour un montant rapporté d’environ 22 millions de livres, a été la récompense. Le but vainqueur dans le temps additionnel contre la Fiorentina, celui qui a mis fin à 43 ans d’attente pour un trophée, a été l’apogée. Le Championship n’est pas une humiliation pour lui. C’est le terrain sur lequel il a été bâti.

L’histoire extra-sportive est réelle, et le club a raison de la raconter. La propriété de Daniel Kretinsky a stabilisé l’institution ; un été avec douze départs et neuf arrivées a offert à Nuno Espirito Santo un effectif qui ressemble au sien, et l’entraîneur parle, de manière convaincante, de l’unité comme seule voie de retour. Mais l’unité est une humeur, et les humeurs passent. Ce qui ne passe pas, c’est un capitaine qui continue de marquer les buts qui décident des matchs, dans la division où il a d’abord appris à le faire.

C’est là que se trouve l’avertissement, enfoui dans la propre chronologie de West Ham. La dernière fois qu’ils ont enchaîné trois victoires en championnat, c’était à la fin de 2023, et cette petite série flattait une équipe qui se désagrégeait déjà en silence, une équipe qui allait bientôt perdre son entraîneur et, finalement, sa place parmi l’élite. Trois victoires en septembre en Championship prouvent l’appétit, pas l’arrivée. La promotion est une longue série d’après-midi gris dans des stades exactement comme celui de Bolton, pas un florilège de moments forts. Le classement flattera West Ham encore un moment, puis il commencera à dire la vérité.

La consolation, c’est que l’homme qui mène l’ascension l’a déjà faite, quand il avait bien moins en banque et bien plus à prouver. Si Bowen les hisse vers le haut, ce ne sera pas la nostalgie qui sortira West Ham du Championship. Ce sera le seul joueur du club qui n’en a jamais eu peur.

Étiquettes: , , , ,

Discussion

Il y a 0 commentaire.