Basket-ball

Le meneur des Lakers Bronny James renvoyé en G League, premier verdict sans LeBron

De l'argent garanti, presque aucune minute et un voyage dans le désert : le premier verdict sur Bronny James que personne ne peut imputer à son père
Jack T. Taylor
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Avant le début de la saison, Bronny James a posé lui-même la question, à voix haute : à quoi ressemblerait le fait d’être jugé pour lui-même, sans son père à ses côtés ? Les Lakers viennent de lui donner leur première véritable réponse. Elle le conduit hors de Los Angeles, dans l’arène du désert où joue leur équipe de G League.

La lecture la plus facile, celle qui circule dans les fils des fans, parle de rétrogradation et de compte à rebours pour le fils arrivé avec le nom le plus célèbre du sport. C’est oublier l’aspect le plus tenace de l’histoire. Depuis le départ de son père, les Lakers ont eu plusieurs occasions de se séparer de lui, mais ils l’ont gardé à chaque fois. Ce qu’ils ne lui ont pas accordé, c’est du temps de jeu. C’est en G League que cela va changer et que, ballon en main, il pourra enfin défendre le dossier qu’il dit vouloir présenter.

Jeudi, à la veille du premier match de la saison de leur équipe affiliée, les Lakers ont envoyé James et Cameron Carr, arrière rookie et leur dernière sélection de premier tour, chez les Coachella Valley Lakers. Marc Stein, de The Stein Line, a été le premier à relayer l’information. Ce n’est pas son premier passage en G League. L’Associated Press rappelle qu’il a fait la navette entre la NBA et la G League tout au long de ses trois années de carrière. Mais c’est la première fois que personne d’autre, dans le bâtiment, n’est là pour expliquer cette décision.

Une place, pas un rôle

Son temps de jeu raconte l’histoire d’un joueur laissé sur le banc. James a disputé cinq des neuf premiers matches des Lakers, qui ont entamé la saison avec un bilan de 7 victoires pour 2 défaites. Il s’agissait presque toujours de minutes de fin de match, quand l’issue était déjà acquise : 2,4 minutes par rencontre, contre 6,7 lors de sa saison rookie et 8,9 la saison dernière, selon LA Sports Report. Il a tenté trois tirs. L’AP ajoute un détail plus révélateur encore que les chiffres : en fin de ces victoires, le public de la salle scande régulièrement son nom. C’est une marque d’affection, mais l’affection n’a jamais offert du temps de jeu à personne.

Lors de la journée des médias, en septembre, alors que son père venait de signer avec les Philadelphia 76ers, James a expliqué lui-même ce qui était en jeu. « Je suis impatient de vivre cette expérience, de découvrir quelque chose de différent sans lui ici et de voir comment le staff me traite en son absence, ainsi que mes coéquipiers et tout le reste », a-t-il déclaré, selon Newsweek et Bleacher Report. Il a présenté cette séparation comme un moteur. « Vous me connaissez sous le nom de Bronny. Mon vrai prénom, c’est LeBron », a-t-il dit aux journalistes, dans des propos rapportés par ESPN. « C’est une motivation qui me pousse à me lever chaque jour et à essayer de faire mes preuves en tant que Bronny, et non en tant que LeBron. »

Il a également précisé que cette séparation n’avait pas été décidée d’un commun accord. « Il suit sa voie, et moi la mienne, a-t-il déclaré. Il sait que je veux me faire un nom, poursuivre ma carrière et continuer à progresser comme joueur. »

Un verdict à double tranchant

La manière dont le staff le traite, finalement, dépend de la décision que l’on examine. L’entraîneur JJ Redick n’a pas mâché ses mots à propos des matches d’exhibition. « J’ai trouvé qu’il avait fait un très bon mois de septembre et passé un bel été avec nous, mais je ne pense pas qu’il ait bien joué lors des quatre matches de présaison », a déclaré Redick le mois dernier, selon Field Level Media, qui relève que James a réussi 4 tirs sur 16 en présaison. Dans la même phrase, Redick a toutefois nuancé son propos, expliquant aux journalistes que « cela tient en partie au rythme, et en partie aux joueurs avec lesquels il évolue ».

Puis est venue la décision qui comptait vraiment. Lorsque les Lakers ont réduit leur effectif en octobre, ils ont renoncé à Dalton Knecht, choisi en 17e position lors de la draft 2024, et conservé James, sélectionné au 55e rang de cette même cuvée. Son contrat est entièrement garanti jusqu’à la fin de la saison, avec une option d’équipe pour 2027-2028. Une franchise ne protège pas par charité un choix de deuxième tour plutôt qu’un ancien choix de premier tour ; et il n’y a désormais plus, dans le vestiaire, de quadruple MVP dont on pourrait interpréter les souhaits dans cette décision. Quels que soient les espoirs des Lakers, ils les financent désormais de leur propre chef.

C’est ce changement qui rend ce nouveau passage en G League différent. Pendant deux saisons, toutes les questions sur James avaient une seule adresse : son père, dans le même vestiaire, qui avait déclaré publiquement vouloir partager un terrain de NBA avec son fils. Cette adresse est désormais à Philadelphie. La pression qui accompagne James depuis la draft, et l’idée que son nom lui a permis de brûler les étapes, ne peut plus retomber que sur le joueur et son équipe.

Quand son jeu a parlé

C’est en G League que son jeu a pu s’exprimer le plus clairement. Au cours des deux dernières saisons avec l’équipe affiliée, il a inscrit 18,4 points par match en moyenne, un chiffre repris aussi bien par l’AP que par LA Sports Report, qui précise qu’il a tourné à 49,6 % au tir sur 25 matches. Ses apparitions en NBA ont également donné des signes encourageants. Son adresse à trois points est montée à 38,6 % la saison dernière, et il a disputé des minutes importantes lors des matches 3 et 4 de la victoire des Lakers au premier tour des playoffs contre les Houston Rockets, relève Bleacher Report.

À l’ouverture du camp, il a directement fait référence à cette série. « Je vais aborder les choses comme si je jouais contre les Houston Rockets, comme en playoffs la saison dernière, a-t-il déclaré. Je vais être agressif, jouer intelligemment, jouer mon jeu, et répondre présent pour tout ce dont l’équipe aura besoin. »

L’équipe affiliée, qui s’appelait auparavant les South Bay Lakers, a quitté cette saison le centre d’entraînement de la franchise, à El Segundo, pour s’installer à l’Acrisure Arena, dans la vallée de Coachella. Elle y entamera sa saison face aux Salt Lake City Stars. Carr, de retour après une élongation de l’oblique droit, l’accompagne pour la même raison : obtenir du temps de jeu en conditions réelles, ce que l’effectif NBA ne peut pas lui offrir.

Le calendrier réserve le test le plus délicat. Le jour de Noël, les Lakers recevront les 76ers pour le premier match de son père contre son ancienne équipe depuis son départ. James a dit qu’il était impatient de l’affronter ce soir-là. S’il veut fouler ce parquet autrement que pour entendre son nom scandé en fin de match, la route passe désormais par le désert.

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