Cinéma

David Oyelowo apporte la gravité de ‘Selma’ à ‘Little Five’, le drame cycliste produit par Anne Hathaway

Molly Se-kyung

L’indice le plus fiable des ambitions d’une star de cinéma à Hollywood n’est plus la taille du rôle, mais l’ampleur de l’histoire qui l’entoure. David Oyelowo — un acteur de calibre oscarisé dans Selma, et producteur-réalisateur à part entière — a signé pour Little Five non pas comme centre de gravité, mais comme conscience, rejoignant un ensemble féminin dans un drame régional américain sur les outsiders. Ce choix en dit autant sur la manière dont le cinéma indépendant trouve son équilibre que sur Oyelowo : les talents de prestige migrent de plus en plus vers des histoires vraies, locales et spécifiques que l’économie des franchises ne prend plus la peine de raconter.

Comme l’a rapporté Deadline en exclusivité, Oyelowo incarnera Randall, un ancien champion cycliste dont les rêves ont été brisés et qui est entraîné malgré lui dans le sport en tant que mentor improbable. Il donne la réplique à Ariana Greenblatt et Rain Spencer, les jeunes têtes d’affiche annoncées plus tôt cet été, aux côtés de Sasha Frolova, Nadia Alexander, Drew Powell et Max Cortezi. Ian Samuels réalise à partir d’un scénario de Gillian Williams.

Little Five tire son titre et son moteur du Little 500, l’épuisante course de relais à vélo qui définit le printemps à l’Université de l’Indiana depuis 1951 et qui a fourni son point culminant au Breaking Away de Peter Yates. Là où ce film oscarisé suivait un garçon de la ville, celui-ci se tourne vers les femmes qui se sont frayé un chemin sur la piste, chroniquant l’équipe de outsiders qui a lancé le premier Little 500 féminin et a défié une tradition qui les avait laissées sur le côté.

Le projet est une coentreprise entre Somewhere Pictures d’Anne Hathaway — le label qu’elle dirige avec Adam Shulman et Johnathan Rice — et Pigasus Pictures, basée à Bloomington, dont le fondateur Zachary Spicer a construit un modèle de production autour de tournages d’histoires de l’Indiana dans l’Indiana. Pour Somewhere Pictures, qui constitue encore son premier catalogue, l’arrivée d’Oyelowo est un signal de crédibilité : un nom de premier plan prêt à jouer un mentor secondaire parce que le matériau, et non la place sur l’affiche, est l’attrait.

C’est un registre qu’Oyelowo connaît. De la force morale de Martin Luther King Jr. dans Selma au shérif endurci de Lawmen: Bass Reeves, il s’est spécialisé dans les hommes qui portent une cause plus lourde qu’eux-mêmes — et Randall, un champion déchu à qui on demande de construire la victoire d’un autre, s’inscrit parfaitement dans cette lignée.

Le tournage doit commencer à Bloomington cet été, l’ovale du Little 500 lui-même servant de décor à son histoire. Près d’un demi-siècle après que Breaking Away a fait de la course un mythe cinématographique, Little Five entend remettre la ligne d’arrivée entre les mains des coureuses qu’il avait autrefois laissées de côté.

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