Cinéma

Avec Drishyam: The Conclusion, Ajay Devgn réécrit la réalité une ultime fois

Molly Se-kyung
Ajoutez-nous sur Google

Un homme voit sa famille basculer dans la catastrophe, puis il se met au travail. Pas pour dissimuler les preuves, mais pour construire la version des événements que tout le monde retiendra à leur place. Cette machine est au cœur des films Drishyam, et Drishyam: The Conclusion l’emballe pour un troisième et dernier tour. Vijay Salgaonkar n’a jamais été un héros d’action. C’est un monteur autodidacte de la réalité, un homme de petite ville qui bat la police en contrôlant ce qu’on lui permet de voir.

Le mot drishyam signifie le visible, ce qui est vu. La franchise a toujours vécu dans l’écart entre ce qui s’est passé et ce qui peut être prouvé. Dans le nouveau film, ce passé enfoui refait surface : de nouvelles preuves apparaissent, une affaire classée rouvre, et un système qui n’a jamais eu sa réponse revient chercher. Vijay doit construire l’histoire une fois de plus, plus proprement et sous une surveillance plus lourde. Le postulat est un défi lancé autant au public qu’aux enquêteurs. Ce même tour de passe-passe peut-il vraiment fonctionner une troisième fois ?

YouTube video

Ajay Devgn reprend le rôle de Vijay, et le casting est l’argument que le film avance. Devgn le joue bas et inquiétant immobile, un homme dont le pouvoir est qu’il n’a jamais l’air de rien faire du tout. Tabu revient dans le rôle de Meera Deshmukh, l’officier dont la blessure personnelle a alimenté les confrontations précédentes et maintient le coût moral visible à l’écran. L’ajout le plus marquant est Jaideep Ahlawat dans le rôle du SP Rajveer Singh Tomar, un nouvel enquêteur conçu pour être l’égal de Vijay. Ahlawat excelle dans la menace patiente et observatrice, et le casting en face d’un personnage qui gagne en étant sous-estimé prépare la confrontation que la série construisait.

Abhishek Pathak réalise à nouveau, après avoir dirigé le précédent chapitre hindi, et co-écrit avec Aamil Keeyan Khan et Parveez Shaikh. La série hindi est elle-même une lignée de remakes, adaptée de l’original malayalam que Mohanlal a transformé en phénomène. Le travail de Pathak est le plus difficile des suites, celle où le public connaît déjà le truc et doit encore être berné. Son travail sur la franchise a privilégié la procédure sur le spectacle, faisant confiance au suspense domestique qui a fait que les premiers films ont connecté avec un public bien au-delà des amateurs de thrillers.

Peu de franchises indiennes portent ce genre d’attentes. Les films Drishyam ont transformé un simple câblo-opérateur et sa famille en une fixation nationale, ont engendré des remakes dans plusieurs langues indiennes, et chaque volet a fait office de puzzle public que le public dissèque image par image pour trouver les coutures. Le bouche-à-oreille, et non une campagne marketing, a porté les films précédents pendant des semaines. « The Conclusion » est une promesse plus lourde qu’une suite. Il s’engage à clore une histoire que les films précédents ont délibérément laissée entrouverte, et il arrive dans un créneau de vacances prestigieux où l’examen du box-office sera aussi intense que l’intrigue.

La décision d’artisanat qui définit Drishyam est la soustraction. Ces films fonctionnent par ce qu’ils refusent de montrer. Le cut qui saute l’heure cruciale. Le plan de réaction tenu une pulsation de trop. La chronologie que le spectateur assemble de travers, exprès. Une finale doit honorer cette discipline tout en payant deux films de suspicion accumulée. La question intéressante n’a jamais été de savoir si Vijay s’en sort. C’est ce que le film est encore prêt à nous cacher maintenant que nous connaissons sa méthode.

Le risque est réel. Un moteur narratif qui repose sur une seule révélation devient plus difficile à recharger à chaque fois, et le deuxième film a déjà eu du mal à surpasser le premier. Un troisième doit surpasser les deux sans répéter la forme. L’attrait de toute la franchise a été l’ambiguïté, le sentiment que l’affaire pourrait toujours se rouvrir. Une fin claire et définitive est la seule chose que ces films n’ont jamais tentée. Savoir si Pathak peut offrir une véritable résolution, plutôt qu’un autre cliffhanger déguisé, est ce qu’aucune bande-annonce ne peut promettre.

Jaideep Ahlawat dans Drishyam: The Conclusion, 2026
Jaideep Ahlawat dans Drishyam: The Conclusion (2026)

Aux côtés de Devgn, Tabu et Ahlawat, le casting comprend Shriya Saran dans le rôle de Nandini, l’épouse de Vijay, avec Rajat Kapoor, Prakash Raj, Ishita Dutta et Mrunal Jadhav en soutien. Panorama Studios et Star Studio 18 produisent, avec Sudhir K. Chaudhary à la caméra et Amar Mohile à la musique, tandis que les chansons viennent de Ravi Basrur, Rochak Kohli et Karma. Le tournage s’est déroulé à Mumbai et Goa, le cadre côtier qui a toujours donné à la série son décor trompeusement ordinaire. Le premier single est sorti plus tôt ce mois-ci.

Drishyam: The Conclusion sort dans les salles indiennes le 2 octobre 2026, en même temps que les vacances de Gandhi Jayanti. Il est présenté comme une histoire originale plutôt qu’un remake du troisième chapitre malayalam qui sort en parallèle, donc deux franchises issues de la même graine atteindront leurs fins sur des pistes séparées. Pour une série sur un homme qui décide ce que tout le monde voit, finir selon ses propres termes serait le dernier tour approprié.

Distribution

Photos: The Movie Database (TMDB)

Étiquettes: , , , , ,

Ajoutez-nous sur Google

Discussion

Il y a 0 commentaire.