Cinéma

Pathaan : un film d’action débridé porté par le charisme de Shah Rukh Khan

Martin Cid
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Le générique d’ouverture de Pathaan défile au son des hélicoptères qui grondent dans un canyon, tandis que le visage de Shah Rukh Khan s’illumine au reflet d’une explosion : voilà le genre de spectacle tonitruant que le réalisateur Siddharth Anand peaufine depuis des années. Le film ne se contente pas de miser sur ses racines de thriller d’action ; il s’y jette à corps perdu, avec l’abandon téméraire d’un homme qui a attendu trop longtemps de reprendre du service.

Connu pour War et Bang Bang!, Anand signe un film qui tient autant de la déclaration d’amour au cinéma d’espionnage que de la course à sensations fortes. L’intrigue, certes tarabiscotée, remplit sa fonction : Pathaan (Khan), agent du RAW en exil, fait équipe avec Rubina Mohsin (Deepika Padukone), officier de l’ISI, pour neutraliser Jim (John Abraham), un ancien agent passé dans le camp adverse qui projette de répandre un virus mortel en Inde. Le film enchaîne les morceaux de bravoure, reliés par une intrigue qui traverse la planète à la manière d’un James Bond sous stéroïdes.

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La plus grande réussite de Pathaan, c’est son audace à l’état pur. Khan, toujours aussi bon dans le rôle du showman, livre une interprétation où le charme le dispute à l’intensité. L’alchimie avec Padukone est électrique, et leurs échanges mêlent juste ce qu’il faut de tension et de malice. Les scènes d’action sont réglées avec précision : chaque coup de poing, chaque coup de pied et chaque explosion est exécuté avec un panache qui leur donne à la fois une dimension viscérale et une élégance certaine.

Parmi les temps forts du film, un long affrontement entre Pathaan et Jim mêle combat au corps à corps, cascades aériennes et enjeux émotionnels ancrés dans leur passé commun. La bataille finale est un véritable spectacle, filmé avec une énergie cinétique qui tient le public en haleine. La musique composée par Sanchit Balhara et Ankit Balhara décuple l’intensité de l’action avec ses rythmes qui font grimper l’adrénaline.

Pathaan n’est toutefois pas exempt de défauts. L’intrigue est souvent alambiquée et fait voyager ses personnages aux quatre coins du monde, au risque de donner une impression de décousu. Le récit, de plus en plus abracadabrant, exige une suspension de l’incrédulité à laquelle même les fans les plus fidèles pourraient parfois avoir du mal à se prêter. Certains dialogues sonnent maladroitement, et les motivations de quelques personnages manquent de développement.

Le rythme constitue un autre problème. Les scènes d’action sont palpitantes, mais les transitions entre elles paraissent parfois précipitées, laissant peu de place à l’évolution des personnages ou à la profondeur émotionnelle. Les seconds rôles, notamment Dimple Kapadia dans celui de Nandini et Ashutosh Rana dans celui de Sunil Luthra, font le travail, mais restent souvent dans l’ombre des performances flamboyantes de Khan et Padukone.

La mise en scène d’Anand est inégale. Son sens du spectacle est affûté et sa capacité à orchestrer les scènes d’action ne fait aucun doute. En revanche, les moments centrés sur les personnages sont parfois traités de façon irrégulière. Les thèmes du patriotisme et de la rédemption sont prenants, mais se perdent souvent dans le tourbillon des explosions et des courses-poursuites en voiture.

Les comparaisons avec d’autres blockbusters bollywoodiens comme War, ou avec Mission: Impossible, sont inévitables, mais Pathaan tient la comparaison. Le film sait exactement ce qu’il est : un blockbuster à grand spectacle, débordant d’action et d’adrénaline, conçu pour divertir. Ses décors aux quatre coins du monde — de Mumbai à l’Espagne, de l’Afghanistan aux Émirats arabes unis — lui confèrent une touche d’exotisme qui renforce son attrait.

La photographie de Satchith Paulose est un autre atout majeur. Les images du film sont vibrantes et dynamiques ; Paulose alterne plans larges et gros plans pour créer une impression de grandeur tout en préservant une certaine intimité. Les scènes d’action sont filmées avec une fluidité qui les rend parfaitement cohérentes et immersives.

La bande originale constitue l’un des grands points forts du film. Composées par Vishal-Shekhar, les chansons sont entraînantes et s’intègrent parfaitement au récit. « Besharam Rang » se distingue tout particulièrement par sa chorégraphie énergique et la puissance de la voix de Shilpa Rao, qui lui a valu le prix de la meilleure chanteuse de playback aux 69e Filmfare Awards.

Pathaan est un film qui carbure à la démesure : trop d’action, trop de spectacle et un charme à revendre. Il ne convaincra pas les critiques en quête de portraits psychologiques subtils ou d’une narration tout en nuances. À la place, il assume son absurdité et invite le public à en faire autant.

Le public visé ne fait aucun doute : les amateurs de films d’action bollywoodiens avides de héros plus grands que nature et d’aventures aux enjeux colossaux. Le film les récompense par des scènes de bravoure palpitantes et des interprétations mémorables, même s’il trébuche lorsqu’il tente d’approfondir son récit.

Au bout du compte, Pathaan sait exactement ce qu’il est : un blockbuster à grand spectacle, débordant d’action et d’adrénaline, conçu pour divertir.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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