Cinéma

Carla Woodcock en tête de « White », le thriller de requins déjà pré-vendu par Highland au TIFF

Liv Altman

Le thriller de survie face au requin est devenu, discrètement, l’un des instruments financiers les plus fiables du cinéma indépendant. Depuis qu’Open Water a prouvé qu’un seul acteur, un bout de mer et un prédateur primal pouvaient faire le tour du monde, les acheteurs étrangers sont prêts à s’engager sur ces films sans avoir rien vu — une star, une affiche et un pitch suffisent comme garantie. White, de Highland Film Group, est la dernière production calibrée selon cette formule, et l’annonce de Carla Woodcock dans le rôle principal complète un casting de tête conçu moins pour le multiplex que pour le marché international.

Woodcock, l’actrice britannique qui s’est fait connaître dans l’univers d’Outlander, incarne Willa Harba, une comédienne en difficulté dont le jet privé s’abîme au-dessus du Pacifique. Comme l’a révélé en premier The Hollywood Reporter, elle est la seule survivante, échouée sur une aile brisée avec pour seul recours un téléphone satellite — et l’étendue d’eau sous ses pieds se trouve être le White Shark Cafe, un véritable lieu de rassemblement où les grands requins blancs se regroupent pour se nourrir.

Ce sont les appels de détresse qui donnent au film ses têtes d’affiche. Kate Beckinsale — également productrice exécutive — joue la patronne de studio imbus d’elle-même de Willa, qui reçoit l’appel et la remballe ; Katherine McNamara incarne Sam Swatek, la biologiste marine qui intercepte le signal et annonce la mauvaise nouvelle. L’assemblage est habile : trois femmes en haut de l’affiche, la plupart de leurs scènes menées par téléphone, une structure qui maintient le budget serré tout en garnissant le générique de noms.

À la caméra, Jake West, réalisateur britannique de films de genre cultes comme Doghouse et Evil Aliens, passe des budgets de minuit à un film d’action de survie porté par des stars. Il travaille sur un scénario de Dan Schaffer, créateur du comic culte Dogwitch — un duo qui mise sur la discipline qu’exigent ces thrillers en un lieu unique, où la tension doit naître de la géographie et de l’épuisement des options, non du spectacle.

Highland gère les droits mondiaux et le cofinancement, avec Yariv Lerner à la production, et la société est arrivée au Festival international du film de Toronto cette année avec le film déjà porteur de multiples préventes — le signe le plus sûr qu’un package de genre a trouvé ses acheteurs avant même le tournage principal. Le tournage est prévu pour l’été en Bulgarie, en Angleterre et aux États-Unis, et aucune date de sortie n’a encore été annoncée.

L’image est juste pour un métier qui vit de la promesse d’un sauvetage qui n’arrivera peut-être jamais : une actrice échouée sur une aile brisée, un téléphone satellite à la main, et la seule personne qui pourrait envoyer les secours décide qu’elle n’en vaut pas la peine. Les requins, au final, sont peut-être le cadet des soucis de Willa.

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