Cinéma

À propos de mon père : De Niro brille malgré une comédie décousue

Veronica Loop
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La caméra s’attarde sur le visage de Robert De Niro tandis qu’il contemple un plat de plumes de paon — une image si étrange qu’elle donne le ton à À propos de mon père, une comédie qui oscille entre tendresse et maladresse. Réalisé par Laura Terruso d’après un scénario de Sebastian Maniscalco et Austen Earl, ce film s’inspire librement de la relation réelle entre Maniscalco et son père, incarné ici par De Niro. Le postulat — une famille italo-américaine immigrée en conflit avec des proches aisés américains — promet une satire cinglante, mais le résultat peine à convaincre.

À propos de mon père suit Sebastian (Maniscalco), un gestionnaire d’hôtel à Chicago, qui invite son père siculo-américain traditionnel, Salvo (De Niro), à rencontrer la famille excentrique et fortunée de sa petite amie Ellie (Leslie Bibb) dans leur domaine en Virginie. Le film tire sa force des performances centrales et de quelques moments d’humour bien placés, mais ceux-ci sont éclipsés par une comédie trop grossière et un scénario prévisible.

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À son meilleur, À propos de mon père fonctionne comme une étude de caractère de Salvo, un homme imprégné de traditions et de fierté. De Niro livre une performance nuancée, mêlant rudesse et tendresse inattendue. Son Salvo est un vestige d’une époque révolue, luttant pour s’adapter à un monde qui privilégie la richesse à la famille et les apparences à l’authenticité. Une scène marquante survient lorsque Salvo insiste pour payer son repas dans le restaurant de luxe des Collins, un moment modeste mais puissant qui souligne son indépendance têtue. La capacité de De Niro à transmettre une profonde émotion par des gestes subtils — comme la façon dont il serre l’alliance de sa défunte épouse — ancre le film dans des instants de sincérité.

Cependant, l’humour du film tombe souvent à plat, s’appuyant trop sur la comédie physique et les stéréotypes. Les clashes culturels entre Salvo et la famille d’Ellie auraient pu donner lieu à une satire sociale percutante, mais ils dégringolent en pitreries embarrassantes. Lorsque Salvo interprète mal les démonstrations de richesse des Collins — comme leur art coûteux et leurs meubles historiques — comme des signes de prétention, le film tente d’en tirer de l’humour. Mais ces passages sonnent faux, comme si Terruso peinait à trouver l’équilibre entre satire et sincérité.

Le rythme est un autre problème. Le film traîne en longueur par endroits, notamment lors de scènes censées créer du suspense mais qui s’éternisent inutilement. Une séance de méditation entre Salvo et Doug (Brett Dier), le frère cadet d’Ellie, en est un exemple flagrant : l’humour y semble forcé et la scène ne sert guère qu’à remplir le métrage.

La performance de Maniscalco dans le rôle de Sebastian est le maillon faible du film. S’il apporte de l’énergie à son personnage, celui-ci manque cruellement de profondeur pour explorer pleinement la dynamique père-fils au cœur de l’histoire. Leslie Bibb s’en sort mieux en tant qu’Ellie, offrant un contrepoint stable à l’agitation de Maniscalco. Mais son personnage reste sous-développé, servant principalement de déclencheur aux conflits plutôt que comme une personne entière.

La distribution secondaire offre des prestations correctes, mais aucune ne laisse une empreinte durable. Anders Holm et David Rasche, dans les rôles respectifs de Lucky et Bill Collins, frères d’Ellie, sont réduits à des caricatures — riches, excentriques et finalement oubliables. Kim Cattrall, en tant que sénatrice Tigger MacArthur, s’en sort légèrement mieux, apportant une touche de gravité à son rôle, mais elle aussi est reléguée au second plan par les éléments comiques du film.

L’un des défauts les plus criants du film est son manque d’originalité. À propos de mon père ressemble à une pâle copie de films supérieurs, comme Mon beau-père et moi ou The Family Stone. L’angle du choc culturel a déjà été exploité, et Terruso n’apporte rien de nouveau. Les tentatives de commentaire social sont maladroites, avec des scènes comme la frénésie culinaire de Salvo autour d’un paon paraissant plus absurdes qu’intelligentes.

Thématiquement, À propos de mon père explore les tensions entre tradition et modernité, mais il ne s’engage jamais pleinement dans une exploration significative de ces idées. La conclusion — une réconciliation quelque peu forcée entre Sebastian et Salvo — semble bâclée et insatisfaisante, comme si Terruso privilégiait la résolution rapide de l’intrigue à l’approfondissement des enjeux.

En définitive, À propos de mon père est une occasion manquée. Avec sa distribution talentueuse et son postulat prometteur, il aurait pu renouveler le genre de la comédie familiale. À la place, il se contente d’un humour paresseux et d’un scénario prévisible.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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