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Le portrait Munnings que les Astor ont garde depuis les annees 1930 entre sur le marche

Lisbeth Thalberg

Il existe un type de commande qui dit tout ce qu’il y a a savoir sur un artiste : non pas l’oeuvre destinee a la galerie publique, selectionnee et soumise pour approbation, mais la commande privee, passee par quelqu’un qui connait suffisamment le peintre pour lui demander exactement ce qu’il desire. Alfred Munnings a peint Waldorf Astor, 2e vicomte Astor, a la fin des annees 1930 a Cliveden, le domaine au bord de la Tamise dans le Berkshire qui etait devenu l’une des adresses les plus influentes de Grande-Bretagne, et le resultat porte une qualite de comprehension que seul le vrai rapport entre artiste et mecene peut produire.

Cliveden House viewed from the formal parterre garden, with topiary and lawns in the foreground
Photo: Simon Q / Wikimedia Commons / CC BY 2.0

L’oeuvre montre le 2e vicomte a cheval sur Simondale II, un cheval alezan appartenant a son fils William, surnomme Bill, qui lui succederait comme 3e vicomte. Munnings place le cavalier et le cheval devant ce qui est presque certainement le paddock au-dela des jardins formels de Cliveden : un fond ouvert qui concentre entierement l’attention sur la relation entre l’homme et l’animal. Ce qui definit le tableau, c’est la facon dont le peintre traite le cheval a l’epaule et a la croupe, le poids en mouvement rendu avec une precision qui vient d’une vie entiere a etudier les chevaux non depuis les tribunes, mais au milieu d’eux. La posture du cavalier est detendue, attentive, toute la composition construite sur une serenite partagee.

Le portrait est etroitement lie a A Summer Evening, Cliveden (1939), aujourd’hui dans la collection du National Trust, qui montre le 2e vicomte dans le meme cadre du paddock, assis et au repos, entoure de juments et de poulains. La commande du portrait equestre fut passee par William Bill Astor, le fils du modele, dans le cadre d’un effort soutenu pour documenter l’univers paternel au domaine. Il est reste au sein de la famille Astor par descendance directe depuis lors : jamais vendu publiquement, jamais expose publiquement jusqu’a aujourd’hui. Bonhams estime l’oeuvre entre 200 000 et 300 000 livres sterling.

Cliveden, en ces annees-la, etait bien plus qu’une maison de campagne. Sous les Astor, le domaine reunissait un cercle qui comprenait Winston Churchill, Charlie Chaplin, Rudyard Kipling, Franklin D. Roosevelt et George Bernard Shaw. Munnings evoluait dans cette atmosphere avec l’assurance d’un peintre a l’aise parmi les proprietaires terriens et les celebres, et le portrait porte quelque chose de ce monde social condense : un seul homme a cheval, le domaine et son cercle silencieusement presents derriere lui.

La vente comprend plusieurs autres oeuvres importantes. Au Salon des Artistes Francais en 1911 d’Henri Adolphe Laissement (estime entre 100 000 et 150 000 livres sterling), un tableau dans le tableau peint pour le Salon de 1912 et representant l’edition de l’annee precedente, est l’un des documents les plus autoreferencels du systeme d’exposition francais. Depart du fiance de James Jacques Joseph Tissot est estime entre 150 000 et 250 000 livres sterling ; An Oxwagon Traversing a Ford on a Moonlit Evening d’Ivan Aivazovsky entre 120 000 et 180 000 livres sterling ; et The game of draughts d’Eugene Alexis Girardet entre 70 000 et 100 000 livres sterling.

La vente d’Art du XIXe siecle & d’Art impressionniste britannique de Bonhams se tiendra le 23 septembre 2026 a New Bond Street, Londres. Une exposition publique ouvre le 18 septembre, entree libre, dans les salles de Bonhams a New Bond Street. Informations : press@bonhams.com.

Pour Munnings, cette commande etait la plus evidente qui soit : un tableau de chevaux pour des gens qui comprenaient les chevaux de l’interieur.

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