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BC Place pose du vrai gazon pour le premier Mondial masculin du Canada

Jack T. Taylor

Pendant 43 ans, BC Place n’a jamais connu de gazon naturel. La pelouse synthétique était une donnée technique, pas une provocation. C’est le Mondial 2026 qui a tranché la question : la FIFA exige du vrai gazon, et l’enceinte de Vancouver a dû se reconstruire en conséquence. Le Canada joue son premier Mondial masculin à domicile depuis 1986, et cela commence ici, dans un stade qui ne ressemble plus tout à fait à lui-même.

BC Place a ouvert ses portes le 19 juin 1983, doté d’une toiture à air comprimé — l’une des premières de ce type sur le continent américain. Cette structure a servi Vancouver pendant une génération entière. Les Jeux olympiques d’hiver de 2010 ont marqué un tournant : le stade a fermé seize mois pour une transformation profonde. Il a rouvert avec une toiture rétractable maintenue par câbles d’acier, la plus grande du monde en son genre, capable de s’ouvrir ou de se fermer en moins de vingt minutes. Quand les panneaux se retirent, la lumière naturelle atteint directement le terrain.

La jauge est de 54 000 places pour le football. Pour la Coupe du Monde, une pelouse naturelle temporaire a été installée sur la base en béton — obligation imposée par les règlements de surface de la FIFA. Les Vancouver Whitecaps de la MLS et les BC Lions de la Ligue canadienne de football ont joué ici des années sur synthétique. La compétition la plus suivie au monde obéit à d’autres exigences.

BC Place stadium aerial view from Callisto building, Vancouver
Photo: Reg Natarajan / CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Situé au 777 Pacific Boulevard en plein centre de Vancouver, le stade borde False Creek au sud, les montagnes de la North Shore se découvrant en arrière-plan les jours de beau temps. Il a accueilli des concerts des Rolling Stones, des matches d’exhibition de hockey sur glace et les grandes expositions commerciales de la ville. Il faut noter que cette polyvalence opérationnelle constitue un atout réel pour gérer la complexité logistique de sept rencontres mondialistes.

L’expérience FIFA de BC Place précède 2026. La finale de la Coupe du Monde féminine 2015 s’y est jouée : les États-Unis ont battu le Japon 5–2 devant une salle comble et une audience mondiale qui en a fait l’un des matches de football féminin les plus regardés de l’histoire. L’équipe locale connaît donc déjà ce que représente, concrètement, le déploiement de l’infrastructure de diffusion FIFA à 54 000 spectateurs.

En 2026, BC Place accueille sept rencontres au total, entre la phase de groupes et les tours éliminatoires. Les groupes B, D et G y disputent leurs matchs. Le Canada, dans le groupe B, affronte le Qatar le 18 juin et la Suisse le 24 juin. Le groupe D s’ouvre ici avec l’Australie contre la Turquie, et le groupe G oppose la Nouvelle-Zélande à l’Égypte puis à la Belgique.

Cinquante-quatre mille places sous une toiture qui se ferme contre la pluie du Pacifique. BC Place n’a pas seulement fait pousser du gazon pour ce tournoi : il a rendu possible l’organisation du Mondial dans cette ville.

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