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Tribhuvan Mishra: CA Topper : une plongée captivante, mais chaotique, dans les compromis moraux

Molly Se-kyung
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Le premier plan de Tribhuvan Mishra: CA Topper s’attarde sur les yeux de मानव कौल (Manav Kaul), qui passent des registres à un miroir dissimulé où se reflète sa vie secrète. Cette dualité donne le ton de la série Netflix de पुनीत कृष्णा (Puneet Krishna), plongée chaotique, mais parfois captivante, dans le désespoir et les compromis moraux des classes moyennes de Noida.

L’idée de कृष्णा — un expert-comptable major de sa promotion qui exerce en parallèle comme travailleur du sexe — est indéniablement provocatrice, et la série assume son esthétique hyperréaliste pour rendre cette absurdité crédible. Les meilleurs moments surviennent lorsque la double vie de त्रिभुवन (Tribhuvan) se heurte à sa routine de bureau, notamment dans les scènes où le jeu impassible de कौल donne à la fois toute sa banalité à la corvée bureaucratique et tout son frisson aux rencontres clandestines.

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La distribution d’ensemble donne de l’ampleur au récit, en particulier तिलोत्तमा शोम (Tillotama Shome) dans le rôle de बिंदी जैन (Bindi Jain), dont l’intensité discrète apporte de la profondeur à un personnage qui aurait pu n’être qu’une cliente sans relief. श्वेता बसु प्रसाद (Shweta Basu Prasad) et नैना सरीन (Naina Sareen) livrent elles aussi des prestations remarquables, ancrant la série dans une vérité émotionnelle. Comme le souligne सुपर्णा शर्मा (Suparna Sharma) dans The Week, ce sont les acteurs qui portent le programme et donnent du poids même à ses moments les plus absurdes.

La série trébuche toutefois lorsqu’elle veut trop en faire. L’intrigue criminelle semble plaquée, tentative désespérée d’ajouter du suspense à ce qui relève fondamentalement de l’étude de personnages. Le scénario s’essouffle en milieu de parcours et, dès le sixième épisode, les blagues tombent à plat. Les problèmes de rythme aboutissent à une fin décousue, qui laisse trop de fils en suspens.

Le traitement du genre constitue un autre sujet de débat. Si लक्ष्मी देब रॉय (Lachmi Deb Roy), de Firstpost, estime que la série célèbre les défauts et les désirs des femmes, elle s’appuie aussi sur des mères et des sœurs accablées, réduites à un rôle de ressort narratif. Cette irrégularité affaiblit son commentaire social et rend difficile de prendre au sérieux ses dilemmes moraux.

Tribhuvan Mishra: CA Topper est une série imparfaite, mais fascinante, portée par de solides interprétations et un parti pris audacieux. Elle parlera surtout aux spectateurs qui apprécient les drames centrés sur les personnages, avec une touche d’humour noir. Son exploration des difficultés de la classe moyenne et de l’ambiguïté morale tombe à point nommé, même si l’exécution manque de régularité.

La prestation de कौल est le pilier de la série. Son interprétation de त्रिभुवन मिश्रा (Tribhuvan Mishra) rend avec finesse le désespoir et la culpabilité du personnage, ainsi que ses accès d’humour noir. La capacité de कौल à passer de la sincérité d’un expert-comptable major de sa promotion au professionnalisme détaché d’un travailleur du sexe est impressionnante : elle fait de त्रिभुवन un protagoniste captivant, malgré ses choix discutables.

बिंदी जैन, interprétée par शोम, est une autre révélation. Complexe, son personnage n’est ni une méchante ni une victime, mais une femme qui compose avec ses propres désirs et les attentes de la société. शोम lui apporte une intensité tout en subtilité, faisant de बिंदी l’un des personnages les plus proches du public.

श्वेता बसु प्रसाद, dans le rôle de शोभा पाठक (Shobha Pathak), et नैना सरीन, dans celui d’अशोकलता मिश्रा (Ashoklata Mishra), livrent également des prestations marquantes. Leurs interprétations de femmes prises dans les retombées de la double vie de त्रिभुवन donnent une profondeur émotionnelle au récit. Les seconds rôles, notamment शुभ्रज्योति बराट (Subhrajyoti Barat) en टीका राम जैन (Teeka Ram Jain) et फ़ैसल मलिक (Faisal Malik) en हैदर अली (Haider Ali), apportent un soutien solide, même si leurs personnages manquent parfois de relief.

La réalisation de la série est inégale. Le choix de कृष्णा d’ancrer cette prémisse absurde dans une hyperréalité fonctionne bien au début, mais le manque de cohésion des épisodes suivants devient manifeste. L’intrigue criminelle secondaire, censée apporter du suspense, paraît souvent déconnectée du récit principal, ce qui donne parfois à la série une impression de discontinuité.

L’exploration de thèmes comme le désespoir, les compromis moraux et les difficultés de la classe moyenne est actuelle et pertinente. La série peine toutefois parfois à les aborder dans le cadre d’une comédie noire. L’équilibre entre humour et drame est précaire, et tous les épisodes ne parviennent pas à le trouver.

Les comparaisons avec d’autres séries Netflix mêlant drame et comédie, comme Sex Education ou Master of None, sont inévitables. Si Tribhuvan Mishra: CA Topper partage avec elles un intérêt pour les modes de vie atypiques et les dilemmes moraux, elle n’en possède ni la régularité de ton ni la maîtrise du rythme.

La série s’adresse avant tout aux spectateurs qui aiment les drames centrés sur les personnages, teintés d’humour noir. Elle ne conviendra pas à ceux qui cherchent un thriller criminel parfaitement ficelé ou une comédie romantique classique. Sa force réside dans ses interprétations et son idée audacieuse ; ses faiblesses, dans une exécution inégale et des problèmes de rythme.

En conclusion, Tribhuvan Mishra: CA Topper est une série imparfaite, mais fascinante, qui s’appuie sur de solides interprétations et une prémisse provocatrice.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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