Télévision

Gorilla Grodd jugé à Metropolis : le créateur d’American Vandal débarque dans l’univers DC

HBO Max commande une comédie en huit épisodes qui transforme le Daily Planet en machine à true crime
Cassian Vale

Le pari créatif au cœur de The People v. Gorilla Grodd n’est pas de savoir quel vilain DC mérite un spin-off. Il s’agit de format. Tony Yacenda et Dan Perrault, qui ont construit American Vandal sur l’idée qu’une blague de lycée méritait le même traitement forensique qu’une véritable affaire criminelle, ont désormais Metropolis entre les mains — et ils entendent appliquer la même logique. Leur objectif déclaré n’est pas de créer “une entrée dans le DCU” mais “un artefact qui en provient” : un documentaire original du Daily Planet adressé aux citoyens de Metropolis qui connaissent déjà l’affaire. C’est un pari structurel qui va bien au-delà de la prémisse.

Detailed cosplay of DC Comics villain Gorilla Grodd at WonderCon 2019
Gorilla Grodd cosplay at WonderCon 2019. Photo: William Tung / CC BY-SA 2.0

HBO Max a accordé à la série une commande directe de huit demi-heures. Le synopsis assume son absurdité avec le plus grand sérieux : un singe superintelligent a été condamné pour le meurtre de son père, le Roi de Gorilla City. Jimmy Olsen — photographe du Daily Planet et documentariste, incarné par Skyler Gisondo qui a créé le rôle dans le Superman de James Gunn — rouvre l’affaire en enquêtant sur une possible erreur judiciaire dans l’un des procès les plus célèbres de Metropolis. Jimmy Tatro joue Grodd.

La distribution reconstitue intégralement l’équipe du Daily Planet vue dans Superman. Beck Bennett reprend le rôle de Steve Lombard, Mikaela Hoover celui de Cat Grant, et Wendell Pierce celui de Perry White. Mary Holland, Eduardo Franco, Arian Moayed, Dan Perrault, Andrew Leeds et Tim Baltz complètent le casting. Yacenda dirigera l’intégralité des huit épisodes — la même grammaire unifiée qui a maintenu la cohérence de la voix mockumentaire de Vandal — et Perrault, qui apparaît également à l’écran, apporte la précision deadpan qui donnait à l’original le sentiment de faire une découverte en filmant.

James Gunn et Peter Safran, co-présidents et co-PDG de DC Studios, sont producteurs exécutifs aux côtés de Yacenda et Perrault. Gunn a cité la “fantastique chimie du casting du Daily Planet” comme le moteur qui a rendu ce spin-off légitime plutôt qu’imposé. Amy Gravitt, vice-présidente exécutive d’HBO pour les séries comiques, a décrit la commande comme l’occasion d’amener “des personnages iconiques du DCU sur HBO Max d’une manière nouvelle et inattendue”. Le qualificatif porte l’argument : ce qui est nouveau, c’est précisément la forme.

American Vandal a fonctionné parce que Yacenda et Perrault maîtrisaient suffisamment la mécanique du documentaire true crime pour en faire une arme — le plan aérien du quartier qui ne prouve rien, le zoom lent sur une preuve ambiguë, l’enquêteur qui perd visiblement le fil. Leur capacité à reproduire la grammaire du true crime et à laisser leurs personnages exister pleinement à l’intérieur est ce qui a rendu l’original drôle et, dans sa deuxième saison, véritablement troublant. Transposer cette grammaire dans un univers où un gorille superintelligent est un suspect crédible pour un meurtre n’est pas une plaisanterie sur DC. C’est une question très précise sur ce à quoi ressemble le documentaire diégétique à l’intérieur d’un monde bâti sur l’extraordinaire.

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