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Choona : une ambition entravée par des problèmes de rythme

Alice Lange
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La scène d’ouverture de Choona est un tourbillon frénétique de présentations : un politicien corrompu gifle son assistant, une mère désespérée implore justice, un entrepreneur disgracié ourdit sa vengeance. Chaque instant est une promesse – un avant-goût du chaos et de l’ambition que la série Netflix de Pushpendra Nath Misra entend livrer. Mais dès que le générique défile et que l’intrigue se déroule, il devient évident que Choona peine à concilier son concept audacieux avec sa réalisation.

Créée, écrite et réalisée par Misra, Choona suit un groupe disparate de marginaux unis contre leur ennemi commun : Avinash Shukla (Jimmy Shergill), un politicien impitoyable et superstitieux dont le pouvoir a brisé des vies. La distribution inclut Aashim Gulati dans le rôle de Yakub Ansari Sheikh, Namit Das en Triloki, Monika Panwar en Bela et Niharika Lyra Dutt en Jhumpa, parmi d’autres. Arshad Warsi assure la narration, un procédé qui ajoute une touche de mystère mais parfois semble superflu.

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La série est sortie sur Netflix le 29 septembre 2023 et a depuis reçu des critiques mitigées. Pratikshya Mishra de The Quint a souligné que « l’excentricité sous-jacente de Choona détourne parfois l’attention des longues explications », tandis que Rahul Desai de Film Companion a relevé que la série transforme un concept intrigant en une dramatique de huit épisodes, offrant autant d’opportunités que de défis narratifs.

Choona excelle dans la création d’un univers vivant et rugueux. La direction artistique est remarquable, chaque lieu – du domicile opulent du politicien aux ruelles sordides où se regroupent les marginaux – paraissant authentique. Le style de Misra est assuré, particulièrement dans les premiers épisodes qui instaurent efficacement une tension tout en introduisant les personnages et leurs motivations.

La performance de Jimmy Shergill en tant qu’Avinash Shukla est un point fort. Il incarne à la fois la menace et l’absurdité du personnage, mêlant cruauté politique et traits superstitieux exagérés. Shergill rappelle ainsi toute l’étendue de son talent et élève chaque scène.

Les seconds rôles ne déméritent pas non plus. Aashim Gulati livre une interprétation remarquable en Yakub Ansari Sheikh, évitant le piège du cliché pour un personnage qui aurait pu être un simple antagoniste unidimensionnel. Namit Das en Triloki et Monika Panwar en Bela brillent également, ajoutant des couches de complexité à leurs rôles respectifs.

Néanmoins, Choona trébuche sur son rythme et sa structure. Le format en huit épisodes semble excessif pour la matière narrative, entraînant des redondances et une prévisibilité qui alourdissent l’ensemble. L’introduction constante de nouveaux personnages, initialement captivante, devient au final écrasante et nuit à la fluidité du récit. Par ailleurs, le mélange d’humour et de thèmes plus sombres n’est pas toujours réussi, créant des incohérences tonales.

La conclusion, en particulier, paraît bâclée et insatisfaisante. Après huit épisodes de construction, le dénouement tombe à plat, laissant plusieurs intrigues en suspens. Une occasion manquée pour une série qui aurait pu offrir une fin plus cohérente et percutante.

L’un des défauts majeurs de Choona réside dans son recours aux clichés. Le genre du casse a été maintes fois exploré, et la série donne souvent l’impression de repasser sur des sentiers battus sans apporter d’originalité. Ses tentatives pour mêler humour et gravité ne sont pas toujours convaincantes, ce qui désunit parfois le récit.

Malgré ses lacunes, Choona compte des moments de génie. La performance de Shergill, la construction minutieuse du monde et l’ensemble de la distribution contribuent à une série divertissante et captivante par intermittence. Cependant, ces atouts sont compromis par les problèmes de rythme, les incohérences tonales et le manque d’originalité.

Choona est un mélange contrasté. Si elle brille par endroits, notamment grâce à Shergill et son univers richement détaillé, elle souffre en définitive de problèmes de rythme et d’incohérences tonales. La série devrait plaire aux amateurs de comédies de casse et de drames choraux, mais risque de décevoir ceux qui cherchent quelque chose de plus novateur ou innovant.

Choona est une série qui en fait trop et finit par tomber à côté. Si elle a ses moments de grâce, les problèmes de rythme, les incohérences tonales et le manque d’originalité finissent par miner ses qualités. Pour ceux prêts à fermer les yeux sur ces défauts, Choona offre néanmoins une expérience divertissante et engageante.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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