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Coupe du Monde 2026, Groupe C : le Brésil favori — le Maroc a déjà une réponse

Jack T. Taylor

Le Brésil arrive dans le Groupe C de la Coupe du Monde 2026 comme il arrive dans chaque tournoi — en favori dont personne ne remet vraiment en question le statut avant que les matchs ne commencent. L’effectif de Carlo Ancelotti est le plus talentueux d’Amérique du Nord cet été. Les projections statistiques placent le Brésil en tête du groupe dans près de 61 % des simulations. Les analystes, les médias, le consensus pré-tournoi — tout pointe dans la même direction.

Le Maroc ne lit pas les consensus pré-tournoi.

Ce que les Lions de l’Atlas apportent dans ce groupe n’est pas un classement FIFA ni une statistique de qualification : c’est l’expérience concrète et vérifiée d’avoir affronté un favori lors d’une Coupe du Monde et de ne pas avoir cédé. Au Qatar, ils ont battu l’Espagne. Ils ont battu le Portugal. Ils ont tenu la France. La demi-finale de 2022 n’était pas un accident — elle était le produit d’une identité tactique construite sur dix-huit mois et que les joueurs ont faite leur. Cette identité est intacte, même si Walid Regragui ne l’est plus. Il a démissionné en mars, trois mois avant le coup d’envoi, et Mohamed Ouahbi a pris la direction de l’équipe. Neuf joueurs de la demi-finale qatarie sont du voyage. Achraf Hakimi, 95 sélections, vainqueur de la Ligue des champions avec le PSG cette saison, les capitaine. Sofyan Amrabat tient le milieu. Brahim Díaz a marqué dans chaque match de la CAN 2025 — cinq buts en cinq rencontres.

Force est de constater que le premier match du Groupe C en est aussi l’argument principal.

Le Brésil sous le poids du favori

Le Brésil d’Ancelotti a terminé cinquième des qualifications CONMEBOL — une statistique malaisée à placer à côté de cinq titres mondiaux, mais une réalité. Six défaites en dix-huit matchs. Dix-sept buts encaissés. Ce n’est pas une équipe qui écrase les opposants ; c’est une équipe qui se construit autour de la discipline plutôt que de l’improvisation, dans cet ordre précis. Or chaque instinct footballistique brésilien résiste à cette séquence. Ancelotti parie le titre sur cette tension-là.

La soupape de sécurité s’appelle Vinicius Júnior. À 23 ans, l’attaquant du Real Madrid est l’un des meilleurs du monde à son poste — et Ancelotti sait précisément comment l’utiliser, parce qu’il l’a déjà fait. Raphinha apporte amplitude et intelligence depuis le Barcelone. Neymar est là à 34 ans, revenu de sa deuxième opération sérieuse du genou, intégré au groupe avec une attente mesurée : Ancelotti semble le voir comme une ressource de profondeur plutôt que comme un moteur.

Le Maroc et la question de l’entraîneur

Le départ de Regragui est la seule variable de la préparation marocaine sans réponse claire. Le parcours d’Ouahbi est dans le football de jeunes — intelligent et techniquement précis, mais pas la gestion d’un tournoi international de premier plan. Ce qu’il a hérité n’est pas un groupe sans forme. L’organisation défensive marocaine repose sur Amrabat et la ligne arrière d’une façon qui ne requiert pas de réinvention managériale. Le système existe. La chimie existe.

Hakimi est le latéral offensif le plus dangereux de ce tournoi. Díaz donne au Maroc un tranchant créatif que l’effectif de 2022 ne possédait pas au même niveau. Huitième au classement mondial, champion en titre de la CAN, avec neuf rescapés de la plus belle performance africaine de l’histoire des Coupes du Monde — la blessure du changement d’entraîneur est réelle. Elle n’est pas fatale. Ce qu’Ouahbi doit préserver, c’est moins un schéma tactique qu’un héritage psychologique : la certitude collective que ce groupe de joueurs a déjà accompli ce que les autres disaient impossible.

L’Écosse, Haïti et la logique du tirage

L’Écosse revient en Coupe du Monde après vingt-huit ans d’absence. L’équipe constituée par Steve Clarke est sans doute la plus expérimentée de cette longue période : Andy Robertson à 92 sélections et le brassard de capitaine, John McGinn à 85 comme cerveau de l’équipe. L’Écosse n’a jamais passé le premier tour lors de ses huit participations mondiales précédentes. Ce palmarès n’est pas une fatalité — c’est un problème structurel que cette équipe cherche à résoudre par l’expérience et par une connaissance précise de là où se trouvent les points.

Premier adversaire : Haïti, à Boston. Haïti dispute sa première Coupe du Monde depuis 1974. Le match le plus accessible du groupe sur le papier, et celui que l’Écosse ne peut pas se permettre de ne pas gagner. La victoire lui donne l’élan nécessaire pour affronter le Maroc avec quelque chose à défendre. La défaite transforme le Groupe C en opération de sauvetage. La question n’est pas de savoir si l’Écosse en est consciente — c’est de savoir si le poids de vingt-huit ans qui arrivent tous en même temps lui permet de jouer comme elle sait qu’elle doit le faire.

La physionomie du groupe

La deuxième journée, le 19 juin, précise les deux trajectoires : Écosse-Maroc à Boston, Brésil-Haïti à Philadelphie. La dernière journée du 24 juin opposera Brésil et Écosse à Miami, Maroc et Haïti à Atlanta.

La logique du tirage favorise le Brésil en tête du groupe. Ancelotti dispose d’un effectif suffisamment profond pour absorber un premier match difficile. Le Maroc est le principal candidat à la deuxième place — et, selon ce qui se passe dans le New Jersey, peut-être à la première. L’Écosse doit gagner contre Haïti puis arracher un résultat contre le Maroc. Haïti est là pour laisser une empreinte que le tableau final ne restituera pas entièrement.

Le Brésil est le favori annoncé pour dominer le Groupe C. Le Maroc porte la preuve de 2022 que les favoris ne le restent que jusqu’à ce que quelqu’un les détrône. Les deux équipes débarquent à MetLife le 13 juin pour savoir lequel de ces deux arguments l’emporte.

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