Musique

UADA fête dix ans de Devoid of Light avec Arthur Rizk et Peter Beste

Alice Lange

Le premier album de UADA, Devoid of Light, sort aujourd’hui dans une édition dixième anniversaire remasterisée par Arthur Rizk et accompagnée de photographies inédites de Peter Beste. Dix ans après que le premier opus du quatuor de Portland les a installés dans la scène du black metal atmosphérique underground, Eisenwald réédite le disque avec des archives, des notes de pochette enrichies et un morceau bonus exclusif.

Le nom d’Arthur Rizk au générique du remaster est un signal fort. Le producteur et ingénieur du son — dont le CV va de Nightmare Logic de Power Trip au catalogue d’Integrity — ne lisse pas les disques ardus ; il les clarifie. Sous sa main, les enregistrements denses tendent à devenir plus eux-mêmes plutôt que plus accessibles. Cette distinction compte pour Devoid of Light, qui a toujours reposé sur une atmosphère générée par l’accumulation plutôt que par le simple volume.

YouTube video

Le fait que Peter Beste photographie l’édition anniversaire a son propre contexte. Beste a bâti le canon visuel du black metal norvégien — une décennie à documenter des groupes de Burzum à Enslaved a produit des images qui ont survécu à la plupart des articles écrits sur la même période. Ce travail est la référence de ce à quoi ressemble une documentation sérieuse du black metal. Sa présence dans une note de pochette pour un groupe de Portland agit comme une confirmation que la scène américaine a gagné le droit à sa propre documentation, selon ses propres termes.

L’édition anniversaire arrive alors que UADA a largement étendu son catalogue au-delà des débuts. L’approche atmosphérique de Devoid of Light est devenue le fondement d’albums comme Cult of a Dying Sun, chaque sortie s’enfonçant plus loin dans le territoire structurel que le premier album n’avait qu’esquissé. Revenir au premier album sous forme remasterisée donne au catalogue un point de départ documenté.

Rien de tout cela ne règle la question attachée à chaque édition anniversaire : le remaster sert-il l’original ou ne fait-il que remballer du matériel que les fans fidèles possèdent déjà ? Le bilan de Rizk plaide pour la première option — son travail aplatit rarement sa source, et la production originale de Devoid of Light avait de la marge pour être clarifiée sans être corrigée. Le morceau bonus et le contenu d’archives détermineront si cette édition se lit comme un véritable document ou comme une variante habillée pour collectionneurs. L’absence continue de Devoid of Light sur Spotify signifie que ce public devra le chercher délibérément, ce qui est la façon dont l’album a toujours le mieux fonctionné.

Devoid of Light (10th Anniversary Edition) sort aujourd’hui via Eisenwald en trois variantes de couleur vinyle et un digipak 4 panneaux avec impression UV spot. Les précommandes sont disponibles via les canaux officiels du groupe.

Étiquettes: , , ,

Discussion

Il y a 0 commentaire.