Musique

Sara Cox conquiert la critique au Breakfast de Radio 2 — reste à reconquérir les auditeurs

Alice Lange

L’histoire facile à raconter sur Sara Cox qui prend les rênes du Radio 2 Breakfast Show est celle que tout le monde a servie : une animatrice adorée, un peu les larmes aux yeux, qui hérite enfin du plus gros poste de la radio britannique après avoir attendu dans l’ombre pendant des années. Elle a ouvert en passant des chansons sur l’attente, plaisanté sur son besoin d’affection, voulu un peu d’amour — et elle l’a reçu : d’une guest star, des critiques, d’un public qui connaît sa voix depuis une génération. C’était chaleureux. C’était authentique. C’était aussi, si on écoute sous la chaleur, une mission de sauvetage déguisée en retour aux sources.

Car le siège que Cox vient d’hériter n’est pas un trône. C’est la chaise la plus brûlante de la maison, et la BBC y a installé trois personnes différentes en à peine un an et demi. Ce qui ressemble à un couronnement est en réalité une stabilisation — et si Cox a reçu l’appel, c’est précisément parce qu’elle est les mains les plus sûres et les plus familières que le réseau pouvait trouver. La chaleur n’est pas un décor de la stratégie. La chaleur est la stratégie.

Commençons par comment elle y est arrivée. Ce n’était pas une passation de pouvoir planifiée avec tournée d’adieux et flambeau transmis. Le créneau s’est libéré brusquement lorsque Scott Mills a été écarté de la station, et Cox — qui animait l’émission de fin d’après-midi — a été annoncée quelques semaines plus tard comme la solution. Avant Mills, c’était Zoe Ball ; avant tout le remaniement, le Breakfast Show était l’un des rendez-vous les plus stables du dial depuis des années. La stabilité est exactement ce que Radio 2 a perdu, et la stabilité est la seule chose que Cox est chargée de restaurer.

Les débuts eux-mêmes ont donné au réseau ce qu’il voulait entendre. Cox a attaqué avec About Damn Time de Lizzo, enchaîné directement sur Finally de CeCe Peniston — un clin d’œil à son propre long apprentissage qui faisait aussi, qu’elle l’ait voulu ou non, un clin d’œil à une station désespérée de retrouver un matin stable. Tom Hanks est apparu pour bénir le lancement et lui dire que le trac passe au bout de trois jours. Les critiques se sont partagées là où on l’attendait : The Independent lui a attribué cinq étoiles, The Telegraph quatre, iNews a fondu, et The Times a haussé les épaules en trouvant le tout un peu décevant. Pour un premier matin, c’est une déroute.

Mais un début est du théâtre, et le théâtre n’est pas la métrique qui compte ici. La métrique, c’est la portée, et la tendance derrière Cox n’est pas tendre. Radio 2 reste confortablement la station la plus écoutée du pays, mais son audience hebdomadaire a glissé de sept pour cent d’une année sur l’autre — une érosion douce mais constante qu’un lancement cinq étoiles ne fait rien pour inverser. Mills attirait environ six millions et demi le matin ; sur Radio 1, l’émission matinale de Vernon Kay est plus grande. Le nombre que Cox doit défendre est réel, et il pointe dans la mauvaise direction.

La pression n’est pas abstraite, et elle ne vient pas de l’intérieur de la BBC. La radio commerciale a passé les dernières années à construire un business autour de l’auditeur exact que Radio 2 ne peut pas se permettre de perdre : la quadragénaire qui a grandi avec ces animateurs et ces disques. Greatest Hits Radio a gonflé son réseau à près de sept millions en courtisant ce public, et Heart de Global égale désormais la portée totale de Radio 2. Les vrais rivaux de Cox ne sont pas sur une autre fréquence de la BBC. Ce sont les stations conçues, chanson après chanson, pour lui arracher ses auditeurs un trajet scolaire à la fois.

Vue ainsi, la nomination n’est pas du tout un pari — c’est tout le contraire. On ne confie pas un vaisseau amiral chancelant à une expérience. On le confie à la voix la plus fiable qu’on a et on lui demande de faire en sorte que le public se sente à nouveau chez lui. Cox est une valeur sûre qui a déjà tenu les matins et tenu les après-midis pendant des années, et c’est tout l’enjeu : après le tumulte et la controverse, la familiarité est un atout.

C’est pourquoi le verdict qui compte n’arrivera pas avec les critiques. Il tombera en silence, des mois plus tard, dans un tableur de chiffres d’audience trimestriels — le seul examen que Radio 2 lui a vraiment fixé. Les critiques étaient l’échauffement. La vraie question est de savoir si la voix la plus chaleureuse du réseau peut arrêter l’hémorragie.

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