Musique

L’engagement de Nick Jonas et Priyanka Chopra se joue loin du tapis rouge

Alice Lange

La version de Nick Jonas et Priyanka Chopra Jonas que l’on croise le soir d’une première est facile à aimer : un musicien pop et une star de cinéma, un mariage raconté dans le vocabulaire du respect, de la bienveillance et de la résilience, livré sur un step-and-repeat et conçu pour voyager. C’est chaleureux, c’est citable, et cela ne demande presque rien à ceux qui applaudissent.

Mais « amour et militantisme » est une expression qui cache une couture invisible. L’amour se photographie à merveille. Le militantisme — la partie censée justifier une telle plateforme — est plus difficile à distinguer depuis le premier rang, parce que le travail qui compte vraiment ne se déroule pas sur un tapis et ne se résume pas à une phrase sur le respect des racines de son partenaire.

À la première new-yorkaise de Cycle of Love, le documentaire qu’elle a produit comme productrice exécutive, Chopra Jonas a répondu à la question « qu’est-ce qui compte le plus ? » comme les premières veulent qu’on y réponde. Le respect de la culture d’un partenaire. Être gentil. Rester fidèle à la personne que l’on aime. C’est probablement sincère, et c’est aussi le visage sans friction d’une marque personnelle — le genre de sentiment qui devient viral précisément parce qu’il ne s’engage à rien.

La matière conséquente se trouve ailleurs, et elle appartient surtout au musicien. Avant d’être un mari de tapis rouge, Jonas est l’homme qui a bâti une association pour le diabète. Il a cofondé Beyond Type 1 en 2015, après avoir été diagnostiqué diabétique de type 1 à treize ans, et en décembre dernier, le couple a utilisé cette structure pour lancer la première campagne de l’organisation en Inde, #TheBeyondType. Le pitch est volontairement sans glamour : des kits envoyés aux familles, aux écoles et aux cliniques pour qu’ils puissent repérer les premiers symptômes, acheminés via sept partenaires locaux nommés, dont HRIDAY, la Blue Circle Diabetes Foundation et la Madras Diabetes Research Foundation. Voilà du militantisme avec une adresse.

L’annonce comporte aussi les chiffres que la philanthropie des célébrités brandit toujours : une portée sociale cumulée citée dans les centaines de millions, et des millions de personnes « touchées » via des programmes pilotes. C’est là qu’une histoire chaleureuse a besoin d’un regard froid. La portée n’est pas le soin. Un abonné n’est pas un concentrateur d’oxygène. Le résultat honnête de la campagne indienne est plus modeste et plus spécifique — des fonds récoltés pour atteindre quelques centaines de milliers de personnes supplémentaires avec les ressources nécessaires pour reconnaître le diagnostic d’un enfant avant qu’il ne devienne une urgence — et c’est précisément cette modestie qui la rend crédible.

Jugé à cette aune, le bilan du couple tient mieux que la plupart. Pendant l’effondrement du COVID en Inde, la campagne Give India qu’ils ont portée a récolté plus de trois millions de dollars auprès de plus de quatorze mille donateurs et a placé cinq cents concentrateurs d’oxygène là où ils étaient nécessaires — un résultat comptable, pas un hashtag. Chopra Jonas est Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF pour les droits de l’enfant depuis 2016, et ce rôle a impliqué des visites de terrain — des réfugiés ukrainiens à Varsovie, des enfants touchés par la sécheresse au Kenya, des adolescentes en Uttar Pradesh — et pas seulement un prix humanitaire lors d’un gala new-yorkais. Il y a ici un véritable bilan, et ce n’est pas une séance photo.

Alors, jugeons le couple selon le critère que l’on appliquerait au single caritatif d’un label : évaluons-le sur ce qui est expédié, pas sur le sentiment affiché sur la pochette. Nick Jonas et Priyanka Chopra Jonas réussissent ce test plus souvent que le militantisme des célébrités ne le fait habituellement — mais seulement dans les moments où ils cessent de parler de leur mariage et commencent à nommer des partenaires, à compter des équipements et à financer des programmes qui ne seront jamais tendance. L’histoire d’amour est la promotion. L’infrastructure est le travail.

L’extrait de la première voyagera plus loin que la campagne, multiplié par chaque abonné qu’ils ont. L’adolescente qui sera diagnostiquée tôt parce qu’un enseignant a reçu un dépliant lui indiquant quoi chercher ne verra jamais ni l’un ni l’autre — ce qui est, en fin de compte, tout l’enjeu.

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