Cinéma

Hayden Panettiere : la DEA rejoint l’enquête sur sa mort, dont la cause reste indéterminée

Veronica Loop

Les agents fédéraux antidrogue ne s’immiscent pas, d’ordinaire, dans un dossier ouvert par un coroner. C’est pourquoi la ligne la plus discrète de la couverture médiatique entourant la mort de Hayden Panettiere est aussi la plus assourdissante : la Drug Enforcement Administration s’est jointe à l’enquête alors que la cause et les circonstances officielles du décès ne sont toujours pas déterminées. La DEA n’enquête pas sur la façon dont une personne est morte. Elle enquête sur la provenance des drogues. Sa présence change la question posée.

La couverture évidente a suivi un arc familier — une ancienne star de l’enfance, des mémoires sans fard sur l’addiction, une vie publique fauchée en plein vol. Cette version est vraie, et elle est aussi incomplète. Ce que les dépêches minimisent, c’est ce que signifie concrètement un appui fédéral : quelque part au cœur des enquêtes parallèles désormais en cours, quelqu’un traite une possible substance contrôlée non pas comme une cause de décès à confirmer, mais comme une chaîne de distribution à remonter jusqu’à sa source.

La scène elle-même reste, officiellement, inexpliquée. La police de Greenville, service principal, n’a confirmé que ce que le dossier établit : Panettiere a été retrouvée sans réaction et en arrêt cardiaque dans un appartement de Greenville le dimanche 16 août, et la réanimation a échoué. Le bureau du coroner du comté a fait preuve de mesure, indiquant que la cause et les circonstances « demeurent en attente de nouvelles investigations et de la réalisation d’études complémentaires », sans signe de traumatisme ni indication évidente d’acte criminel. Le rapport de police ne va pas plus loin, notant seulement qu’on ignore si elle consommait de la drogue ou de l’alcool au moment de sa mort. La DEA se borne à affirmer qu’elle « ne confirme ni ne commente les enquêtes en cours ».

Ce qui a fait passer une mort locale sous juridiction fédérale est à la fois restreint et précis. Selon des informations révélées en premier par TMZ, les secouristes ont relayé au centre de répartition une possible overdose, et du Narcan — le médicament qui inverse les overdoses — a été retrouvé dans l’appartement. Dans le climat répressif actuel, cela suffit pour que l’agence s’invite à la table. Ce n’est pas, et c’est crucial, une conclusion. Les analyses toxicologiques n’ont pas été publiées et, selon le rapport de police, l’ex-compagnon présent à sa mort — une relation intermittente — a remis aux agents un sac de médicaments qu’elle prenait, mais dont le contenu a été expurgé dans le dossier public.

Voici la partie qui mérite qu’on s’y attarde. L’appareil qui traite une overdose présumée comme une chaîne d’approvisionnement à poursuivre — la logique du « qui a fourni cela » qui alimente un nombre croissant d’affaires de décès — se met en branle autour d’un nom célèbre avant même que la cause de sa propre mort ne soit rendue publique. En principe, c’est une responsabilité qui fonctionne comme prévu : quand une drogue tue, quelqu’un l’a mise en circulation. La partie inconfortable, c’est la proportion. La même urgence fédérale ne se matérialise presque jamais pour les overdoses anonymes qui traversent la morgue d’un comté chaque semaine, sans aucun agent assigné à aucune d’entre elles.

Panettiere a passé la dernière partie de sa vie publique à refuser la version lisse de sa propre histoire. Les mémoires qu’elle a publiés quelques mois plus tôt seulement ont mis sur papier, dans ses propres mots, l’addiction, le rétablissement, le traumatisme et les abus — un acte d’autorité sur un récit que d’autres avaient écrit pour elle depuis longtemps. Il y a une ironie, et elle n’est pas confortable, dans une enquête qui pourrait bien finir par réduire cette histoire à une substance et à un fournisseur.

La réponse de la DEA, si elle tombe, pourra nommer une substance et le chemin qu’elle a emprunté. Elle n’expliquera pas pourquoi la machine des conséquences arrive à toute allure pour un nom que le public reconnaît, et au ralenti pour ceux qu’il ne reconnaîtra jamais.

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