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Le SoFi Stadium efface son nom et son gazon synthétique pour accueillir le Mondial 2026

Jack T. Taylor

Avant que le premier coup de sifflet du Mondial 2026 ne retentisse au Los Angeles Stadium, le bâtiment doit se défaire du sport pour lequel il a été conçu. La pelouse artificielle foulée chaque saison par les LA Rams et les LA Chargers de la NFL est arrachée pour laisser place à du gazon naturel temporaire — installé selon les normes FIFA sur une structure qui n’a jamais été pensée pour cela. Le nom commercial disparaît en vertu des règles de dénomination de la FIFA : le SoFi Stadium devient Los Angeles Stadium pour la durée du tournoi. Un équipement qui a coûté 5,5 milliards de dollars et ouvert ses portes en septembre 2020 se réinvente pour accueillir la compétition la plus regardée de la planète.

Le cabinet HKS a conçu à Inglewood un vaste bol qui concentre 70 240 places au plus près de l’action. La toiture translucide en ETFE protège les tribunes sans les fermer entièrement — le son s’accumule différemment d’une vraie salle close : pas piégé, mais focalisé. Lors du Super Bowl remporté par les LA Rams ici en février 2022, le bruit a été enregistré par des capteurs sismiques locaux. Une tribune de Coupe du Monde, peuplée de supporters dont les nations ont des enjeux réels, soumettra cette acoustique à une tout autre épreuve.

Les LA Rams et les LA Chargers se partagent cet espace, deux franchises NFL cohabitant dans l’un des stades les plus perfectionnés au monde. Mais le football international exige un terrain plus long et plus large que le football américain, ainsi qu’une surface qui réagit différemment aux crampons. La transformation n’est pas que cosmétique. Chaque angle de vision et chaque zone morte autour du terrain doit être repensé pour un sport qui lit l’espace dans des termes fondamentalement différents.

Aerial view of SoFi Stadium in Inglewood, California
Photo: Ertly / CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Le Los Angeles Stadium accueille cinq matchs de phase de poules dans les Groupes B, D et G. Le plus lourd de sens est le premier : les États-Unis ouvrent leur Mondial face au Paraguay le 12 juin, portant l’attente d’un pays hôte qui n’avait pas inauguré son propre tournoi depuis 1994. Les États-Unis reviennent sur cette pelouse pour leur troisième match du Groupe D face à la Turquie le 25 juin — un résultat qui déterminera s’ils accèdent ou non aux huitièmes de finale. La Belgique et l’Iran se retrouvent ici dans le Groupe G le 21 juin, avec une charge géopolitique particulière.

Le Los Angeles Stadium entre dans ce Mondial sans avoir accueilli un seul match de football international de haut niveau. Il a absorbé un Super Bowl, des concerts géants et le poids d’une saison sportive complète à Los Angeles. Tout cela n’était que la répétition. Le football qui arrive le 12 juin exige autre chose : la capacité à contenir l’espoir d’une nation entière dans un seul stade, en temps réel. Le SoFi Stadium, débarrassé de son nom et de son gazon synthétique, est sur le point de le découvrir.

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