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Survival of the Thickest : une héroïne noire et grande taille qui crève l’écran

Susan Hill
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Dès l’instant où Mavis Beaumont (Michelle Buteau) quitte l’appartement de son ex avec pour seuls biens un sac de vêtements et son gloss emblématique, Survival of the Thickest affirme son ambition : faire une place aux femmes noires et grande taille dans les premiers rôles romantiques. Inspirée des essais autobiographiques de Michelle Buteau, cette série Netflix plonge dans la vie de Mavis après sa rupture avec un mélange d’humour et de cœur qui, malgré quelques inégalités, réserve des moments réellement rafraîchissants.

Ce qui distingue Survival of the Thickest, c’est son attention assumée à une femme noire et grande taille qui navigue entre amour, carrière et estime de soi. Mavis Beaumont n’est ni la faire-valoir ni la chute d’une blague ; elle est le cœur de la série, et Buteau lui insuffle une vulnérabilité et une ténacité rarement vues dans les comédies dramatiques grand public. La force de la série réside dans son attachement à l’authenticité : les difficultés de Mavis sont universelles, ses victoires paraissent méritées et ses défauts la rendent profondément humaine.

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La performance de Buteau est l’ancre de la série. Sa façon de lancer des répliques telles que « J’ai mis tous mes œufs dans le panier d’un seul homme » touche à la fois juste et drôle, donnant une résonance au parcours de Mavis. L’alchimie entre Buteau et Tone Bell, qui incarne Khalil, apporte de la profondeur à leur dynamique de rapprochements et d’éloignements, tandis que l’apparition de Peppermint dans son propre rôle injecte une dose de charme bien réel. Dans le rôle de Marley, Tasha Smith apporte chaleur et sagesse à la meilleure amie de Mavis, ancrant la série dans une idée sincère de famille choisie.

L’exploration de la positivité corporelle constitue l’un des aspects les plus convaincants de la série. Survival of the Thickest ne cherche jamais à éluder les difficultés de Mavis avec son image, qu’il s’agisse de son malaise dans certaines situations sociales ou de sa détermination à reconquérir sa confiance en elle. Ce thème traverse toute la série, des choix vestimentaires de Mavis à ses expériences amoureuses, et il est traité avec un mélange d’humour et de sincérité qui lui donne une véritable fraîcheur.

Là où Survival of the Thickest trébuche, c’est dans son rythme et son équilibre tonal. Les premiers épisodes de la première saison donnent une impression de précipitation, jonglant avec les déboires professionnels de Mavis, ses mésaventures amoureuses et ses amitiés sans toujours leur accorder une attention égale. Certains passages comiques versent dans les clichés de sitcom, au détriment du drame plus nuancé de la série. Par exemple, l’intrigue secondaire autour de Jacque (Taylor Selé), l’ex de Mavis dans la saison 1, semble sous-développée et sert davantage de ressort narratif que de personnage pleinement construit.

La plus grande erreur de la série tient à sa tendance à privilégier un humour appuyé plutôt que la profondeur des personnages dans des moments cruciaux. Les difficultés professionnelles de Mavis en tant que styliste — pourtant centrales dans son arc — passent ainsi souvent au second plan derrière les intrigues sentimentales, laissant son évolution de carrière insuffisamment développée. Le final de la saison 2 tente de nouer les fils laissés en suspens, mais en abandonne certains, suggérant des tensions non résolues qui ne se concrétisent jamais tout à fait.

Cela dit, Survival of the Thickest conquiert une place nécessaire dans le paysage de la comédie dramatique. Tout n’y est pas parfait — les brusques changements de ton et les problèmes de rythme la freinent —, mais le charisme de Buteau et l’adhésion sans complexe de la série à la positivité corporelle en font un programme qui mérite le détour. Son engagement à raconter le parcours d’une femme noire et grande taille avec humour, cœur et honnêteté la distingue des comédies romantiques et sitcoms plus conventionnelles.

La réalisation de Linda Mendoza dans les deux premiers épisodes établit des bases solides, mais la série peine à conserver cette cohérence lorsqu’elle doit gérer plusieurs intrigues secondaires. La photographie reste directe, privilégiant les interactions entre les personnages plutôt que les effets visuels, ce qui correspond au ton ancré dans le réel de la série. Certaines scènes paraissent toutefois trop mises en place, notamment celles consacrées aux déboires amoureux de Mavis, et auraient gagné à bénéficier d’une mise en scène plus nuancée.

La bande originale, qui comprend des musiques originales de Transcenders, apporte une touche contemporaine à la série et renforce son attrait moderne. Les choix musicaux accompagnent efficacement le mélange de comédie et de drame, mais ils couvrent parfois les dialogues dans des moments importants, ce qui atténue leur impact émotionnel.

Comparée à d’autres comédies dramatiques récentes comme Maestro (5.6) et Madame Web (3.2), Survival of the Thickest se démarque par son intérêt pour un point de vue rarement représenté. Tandis que Maestro explore les complexités de l’existence d’un chef d’orchestre légendaire, Survival of the Thickest propose une exploration plus accessible, quoique moins aboutie, de l’épanouissement personnel et de l’acceptation de soi. Contrairement à Madame Web, qui peine à assurer la cohérence de son ton et le développement de ses personnages, Survival of the Thickest conserve une vision plus nette du cheminement de son héroïne.

La série s’adresse aux spectateurs et spectatrices qui veulent des récits sur des femmes qui ressemblent à Mavis Beaumont et aiment comme elle. Elle est aussi destinée à celles et ceux qui en ont assez de voir les femmes grande taille reléguées à l’arrière-plan ou réduites au statut de blagues. Son mélange d’humour, de cœur et de positivité corporelle en fait un ajout rafraîchissant au genre, même si son exécution n’est pas toujours irréprochable.

Survival of the Thickest est une série qui équilibre comédie et drame avec un succès variable. Ses atouts résident dans la performance de Buteau, son exploration de la positivité corporelle et son souci d’authenticité. Des problèmes de rythme et des incohérences de ton l’empêchent toutefois de s’imposer comme une série véritablement marquante.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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