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Cosima Henman, fille de cinéaste, trouve sa place loin des comédies paternelles

Penelope H. Fritz
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Cosima Henman
Cosima Henman
Photo via The Movie Database (TMDB)
Naissance21 décembre 1996
Cologne, Allemagne
ProfessionActrice
Connu pourLa Flûte enchantée, Ils ne pensent vraiment qu'à ça, Class Reunion 1.0

Dans NOAM, court métrage de dix minutes situé dans une cité berlinoise, Cosima Henman incarne Mala, dix-sept ans, jeune mère d’un petit garçon, abandonnée par sa famille qui ne vient plus la voir et par un ex qui débarque ivre, sa nouvelle petite amie au bras. Henman a écrit le film, l’a réalisé et coproduit, tout en s’attribuant le rôle d’une jeune femme que personne à l’écran ne prend la peine de regarder. Un choix qui ne manque pas de piquant pour une actrice dont le nom a toujours été associé à un autre. Elle est la fille du réalisateur Granz Henman et, pendant une bonne partie de sa carrière, c’est son père qui lançait l’action sur le plateau.

Née à Cologne, elle a grandi dans une famille recomposée, une expérience qu’elle a décrite comme positive et qui lui a donné de nouveaux frères et sœurs. Son agence indique qu’elle a l’allemand et l’anglais pour langues maternelles et qu’elle vit à Berlin, dont le dialecte est aussi sa langue d’origine. Son père avait fait ses débuts de réalisateur avec Der Eisbär, la comédie de gangsters qu’il avait coréalisée avec Til Schweiger, et c’est sur ses tournages qu’elle a commencé.

Elle a décroché son premier rôle dans Soccer Kids – Revolution, adaptation par son père du roman jeunesse sur le football de Frauke Nahrgang, sortie en salles en mars 2010, trois mois après son treizième anniversaire. Elle est également apparue dans un clip d’Apollo 3, le groupe qui participait au film. La télévision n’a pas tardé à suivre. Elle a joué l’élève Dunja Baum pendant plusieurs saisons de la comédie scolaire de RTL Der Lehrer, est apparue dans le rôle de Lisa dans la série comique de ZDFneo Blockbustaz et a participé à l’épisode berlinois de Tatort, « Wir – Ihr – Sie ». Entre ces rôles, elle a enchaîné d’autres projets de son père pour Sat.1, notamment Nachbarn süß-sauer, Volltreffer et Abi ’97 – gefühlt wie damals, ainsi qu’un second rôle dans Klassentreffen 1.0 de Til Schweiger.

Son premier grand rôle adulte lui est venu d’ailleurs. Dans le drame de la SWR Sugarlove, réalisé par Isabel Kleefeld, elle interprète Claire, la jeune femme qu’un couple marié de longue date, formé par Barbara Auer et Fritz Karl, trouve en ligne pour combler ce qui manque désormais à leur union. L’arrangement est censé rester physique et sans conséquences ; Claire est celle qui comprend qu’on se sert d’elle comme d’un instrument et refuse de le rester. Un an plus tard, elle était à l’affiche de La Flûte enchantée, le film fantastique en anglais de Florian Sigl, situé dans un internat Mozart des Alpes autrichiennes. Elle y partageait l’écran avec F. Murray Abraham et Jack Wolfe, dans une production à laquelle participait notamment Centropolis, la société de Roland Emmerich.

Est ensuite arrivé le rôle que la plupart des spectateurs hors d’Allemagne ont pu voir. Dans Hard Feelings, diffusé par Netflix sous son titre allemand Hammerharte Jungs, elle joue Paula, une adolescente qui craint que le sexe ne détruise son amitié avec Charly, tandis que leurs organes génitaux soudain bavards les poussent à passer à l’acte. Son père l’a réalisé. C’était le sixième projet de celui-ci dans lequel elle apparaissait, et l’accueil a été glacial : Outlook India l’a qualifié de comédie sexuelle sans humour, reconnaissant seulement que Paula, le personnage de Henman, avait une évolution et que l’actrice l’interprétait avec un peu plus de conviction que son partenaire principal. Dans sa propre critique, MCM estimait qu’une idée astucieuse se perdait dans des gags vulgaires et répétitifs. La question du népotisme est ici légitime, mais elle se pose à contre-courant. Le film qui a fait connaître son nom le plus loin est celui qui plaide le moins en sa faveur, tandis que son talent d’actrice s’est construit presque entièrement dans des projets auxquels son père n’a pas participé.

Le meilleur exemple en est Behringer und die Toten – Ein Bamberg-Krimi, la série de RTL créée et écrite par Berit Walch, où elle incarne Ela Jenning, jeune enquêtrice aux côtés de Konrad Behringer, interprété par Antoine Monot, un homme volontiers bougon. Les films ont rencontré leur public sur la chaîne : l’épisode « Antoniusfeuer » a attiré 2,9 millions de téléspectateurs et s’est classé en tête de sa case en prime time chez les 14-59 ans, avec une part d’audience de 11,0 %. Dans « Romeo », la série envoie Ela en infiltration dans un établissement privé huppé, où elle se fait passer pour une professeure d’allemand et d’anglais sans formation. Son franc-parler populaire tranche avec les privilèges des élèves. Dans sa critique d’une enquête ultérieure publiée par la Stuttgarter Zeitung, le journaliste Tilmann P. Gangloff relève que les courses-poursuites reviennent à la svelte Ela, tandis que son patron se charge de la réflexion, ajoutant qu’elle est, en compensation, de toute évidence la plus drôle des deux.

Parallèlement aux films de Bamberg, elle a interprété Natalie dans la série Prime Video Beasts Like Us, où humains, vampires et zombies cohabitent sous le régime d’une charte des droits des créatures. Elle a également prêté sa voix au personnage principal de Tafiti, le film d’animation de Nina Wels consacré à un jeune suricate, qui a remporté le prix du public Cinekindl au Filmfest München en 2025.

À l’été 2026, elle a décroché le premier rôle d’une comédie diffusée en prime time. Dans Plötzlich Schwester, de ZDF, réalisé par Tine Rogoll sur un scénario de Svenja Ingwersen, elle incarne Sandy Koslowski, une demi-sœur exubérante et chaleureuse dont l’apparition à des funérailles révèle que le père défunt de Sandra, la femme guindée interprétée par Klara Lange, a entretenu une seconde famille pendant plus de trente ans. Andrea Sawatzki et Anita Vulesica jouent les deux mères qui se déchirent. Le film a été mis en ligne le 13 juillet 2026, puis diffusé le 6 août ; le magazine télévisé prisma l’a désignée comme l’interprète la plus convaincante. Pour en faire la promotion, elle s’est appuyée sur sa propre enfance : « Au fond, il faut aborder ces modèles familiaux avec ouverture d’esprit et leur donner une chance. »

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NOAM, de son côté, a été présenté en première le 16 novembre 2025 au FILMZ, le festival du cinéma allemand de Mayence, où il a été nommé dans la catégorie du meilleur court métrage. Le Braunschweig International Film Festival l’a également programmé, le présentant comme ses débuts derrière la caméra. Jeanne Goursaud, Paul Wollin et Konstantin Gries lui donnent la réplique.

ZDF a commandé une suite avant même la diffusion du premier film. Plötzlich Mutter, réalisé par Felix Stienz, est en tournage à Cologne depuis la mi-juin 2026 et confie cette fois l’histoire à Sandy : tombée enceinte sans l’avoir prévu, elle propose le bébé à Sandra et à son mari. L’agence de Henman annonce également deux autres enquêtes à Bamberg pour 2026, « Goldjunge » et « Hexenwahn ». Reste la question posée d’abord par NOAM : que fera Henman de la caméra lorsqu’elle sera celle qui décide qui peut être vu ?

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