Musique

TEHYA — ‘catch//release’: savoir que ça détruit et ne pas pouvoir partir

L’artiste du Pacifique Nord-Ouest annonce l’EP ‘a changeable feast’ avec son single le plus dévastateur
Alice Lange

Il y a les signatures chez Neon Gold Records, et il y a la logique de Neon Gold Records. Le label — qui a lancé Charli XCX, Tove Lo, MARINA et Christine and the Queens — n’a jamais été un foyer pour la pop ordinaire. C’est toujours un endroit où quelque chose de genuinement différent de tout le reste trouve le temps et l’espace pour devenir ce qu’il est. TEHYA est ce genre de projet depuis un moment : venue du Pacifique Nord-Ouest, aux racines multiples, rigoureusement autodidacte. Couverture du NME. Couverture de Spotify Fresh Finds. Une autrice-compositrice qui écrit chaque mot et chaque topline elle-même. Le genre d’artiste qu’on sent en train de se construire. «catch//release» est la chanson où cette sensation devient certitude.

La métaphore au cœur de la chanson est aussi économique que les meilleures. Les deux partenaires d’une relation toxique jouent tour à tour le rôle du poisson au bout de l’hameçon — et de celui qui tient la ligne. TEHYA décrit la logique directement : «la turbulence de réaliser que quelqu’un qu’on aime nous retient, tout en restant si attachée et sans comprendre comment laisser partir malgré la toxicité… “regarder droit dans ses yeux”, soulignant la reconnaissance de la vie qui s’y trouve, sachant qu’on blesse cet être vivant, en s’attachant à cette humanisation.» Les paroles portent le concept : “oooo you hooked me good / am I doing this right? / looked straight in its eyes / now I’m too attached too attached to / catch and release.” Un clip réalisé par Brandon Mosquera accompagne le single.

TEHYA
Photo: Dallas Thomley

Cette précision — des images qui semblent évidentes une fois entendues mais qui n’existaient pas avant — vient d’un endroit particulier. TEHYA a grandi dans le Pacifique Nord-Ouest à l’intersection de ses racines chérokî, philippines et écossaises-irlandaises. Son père est un batteur de funk légendaire de la scène locale. Elle a quitté sa maison à 16 ans et a trouvé sa communauté dans la scène rap underground du Capitol Hill de Seattle, en apprenant Pro Tools et FL Studio par elle-même en assistant aux sessions jusqu’à ce qu’on lui confie les clés. Elle joue de la guitare, des claviers et de la batterie. Elle écrit ses propres toplines et paroles sans exception. Ses sorties précédentes — «the patriot», une méditation sur la visibilité autochtone qui a pris un nouveau poids dans le climat actuel ; «spoons for sweets» ; «trap door» — ont établi le périmètre. «catch//release» est ce vers quoi elle aiguisait cette portée.

En parallèle du single, TEHYA annonce a changeable feast, un EP de cinq titres prévu pour le 14 août. La tracklist — catch//release, buckwild, the patriot, 4L, complicated — traverse les registres d’une manière qui refuse de tenir en place. Elle apparaît également dans un rôle principal dans le clip de Love Spells pour sa dernière sortie, un détail qui la place clairement dans le paysage plus large : quelqu’un qu’on veut dans le cadre.

a changeable feast sort le 14 août via Neon Gold Records / Futures. Retrouvez TEHYA sur instagram.com/oktehya ; plus d’infos sur neon.gold et futures.music.

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