Musique

Rich’Art inscrit SQY dans le jazz français avec son album de douze titres

Alice Lange

Le Jazzy SQY Club débarque là où la plupart des albums envoient d’abord un communiqué de presse. SQY, l’abréviation de Saint-Quentin-en-Yvelines, la dense agglomération urbaine qui s’étend à l’ouest de Versailles, n’est pas un endroit que l’industrie du jazz surveille. Rich’Art a construit douze titres autour du postulat que ce qui s’y passe musicalement mérite de donner son nom à un album.

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Le mot « club » pèse dans le titre. Les clubs de jazz ne sont pas de simples espaces de spectacle ; ce sont des arguments qu’une scène existe, que des musiciens ont trouvé une salle commune, que la musique a pris racine. En baptisant son album du nom d’un club lié à une banlieue que la plupart des Parisiens traversent sans s’arrêter, Rich’Art pose une revendication géographique : la musique vit ici, dans ce lieu précis.

Douze titres, c’est un engagement substantiel. Les albums d’une telle longueur signalent une confiance dans le matériau et une volonté de demander du véritable temps à l’auditeur. Pour une sortie sans données d’écoute préexistantes ni référencement sur Spotify, The Jazzy SQY Club est une déclaration d’ouverture sans compromis de la part d’un artiste qui n’a pas encore cartographié un public.

Le jazz français navigue depuis des décennies entre son propre héritage considérable et les pressions d’un marché mondial qui récompense avant tout l’accessibilité. La musique en dehors de Paris, dans les villes qui n’ont jamais construit l’infrastructure institutionnelle de la capitale, a produit certains des travaux les plus rigoureux sur le plan formel du jazz français ces dernières années. Rich’Art correspond à ce schéma : précis dans sa géographie, assuré dans sa forme, et indifférent aux marqueurs habituels de préparation au marché.

L’album fait face à une vraie question d’accessibilité. Sans distribution sur Spotify, il contourne la plateforme que la plupart des auditeurs internationaux utilisent pour découvrir le jazz contemporain. Un compteur d’écoutes à zéro sur Last.fm n’a rien d’inhabituel le jour d’une sortie, mais cela signifie aussi qu’aucune infrastructure algorithmique ne joue en faveur de l’album dès le départ. Que l’empreinte numérique limitée relève d’un choix délibéré ou d’une lacune dans l’infrastructure de distribution, l’album devra voyager par des canaux extérieurs au mainstream du streaming.

The Jazzy SQY Club est disponible maintenant, douze titres construits autour d’une communauté plutôt que d’un marché, par un artiste qui pose une revendication dans une géographie que l’industrie mainstream ne cartographie pas actuellement.

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