Cinéma

Through My Window: Across the Sea : une suite qui peine à dépasser ses origines absurdes

Martin Cid
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Quand Ares Hidalgo pirate le mot de passe Wi-Fi de sa voisine pour renouer avec Raquel, son amour à distance, Through My Window: Across the Sea annonce d’emblée la couleur. Le film cultive l’absurde et pousse encore plus loin le charme débridé de son prédécesseur, tout en essayant d’insuffler une certaine profondeur émotionnelle à sa romance adolescente. Réalisée par Marçal Forés, cette suite reprend après une année passée loin l’un de l’autre : Raquel poursuit son rêve de devenir écrivaine, tandis qu’Ares étudie la médecine à Stockholm. Leurs retrouvailles lors d’une escapade sur une plage brûlante ouvrent la voie à une succession de nouvelles séductions, d’insécurités et de mésaventures mélodramatiques.

Forés reprend le style visuel qui caractérisait le premier film, misant largement sur les gros plans et les couleurs saturées pour amplifier les enjeux émotionnels. La photographie est soignée et s’attache tout particulièrement à saisir l’énergie vibrante des passions adolescentes. Mais ce parti pris esthétique ressemble souvent davantage à un habillage qu’à un véritable outil narratif. Les images les plus réussies surgissent lors du séjour de Raquel à Stockholm, où le contraste marqué entre l’architecture moderne de la ville et le tumulte affectif du couple compose un cadre saisissant. Ces moments restent toutefois trop rares et trop espacés, si bien que l’essentiel du film s’enlise dans les mêmes excès mélodramatiques que son prédécesseur.

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Clara Galle et Julio Peña retrouvent les rôles de Raquel et Ares, avec des prestations à la fois sincères et désespérément monocordes. Galle apporte à son personnage une détermination discrète et traduit bien les efforts de Raquel pour concilier ses ambitions d’écrivaine et sa relation à distance. Peña, de son côté, verse souvent dans l’excès, en particulier lorsque les décisions impulsives d’Ares font avancer l’intrigue. Leur alchimie ne fait aucun doute, mais elle est régulièrement éclipsée par un scénario qui privilégie le spectaculaire au détriment du fond.

Les seconds rôles apportent au récit une profondeur bienvenue. Guillermo Lasheras, dans le rôle de Yoshi, et Natalia Azahara, dans celui de Daniela, offrent de précieux moments de légèreté et d’émotion. Leurs échanges avec Raquel et Ares paraissent plus ancrés dans le réel et font contrepoint aux frasques souvent absurdes du couple principal. Ces personnages restent pourtant régulièrement relégués au second plan au profit des grands morceaux mélodramatiques du film, et leur potentiel n’est donc que peu exploité.

Le film a le mérite de vouloir explorer l’amour à distance et le cheminement personnel, mais cette ambition se heurte à un scénario qui peine à trouver le juste équilibre entre romance, drame et comédie. Les scènes de profonde introspection émotionnelle sont souvent suivies de moments risiblement excessifs, comme l’escalade grotesquement stupide d’Ares sur un balcon. Ces séquences sont incontestablement divertissantes, mais elles nuisent à la volonté du film d’aborder des thèmes plus sérieux.

L’une des séquences les plus marquantes se déroule lorsque Raquel rend visite à Ares à Stockholm. Ce changement de décor insuffle un nouvel élan au récit et offre un regard neuf sur leur relation. Le contraste saisissant entre la froideur moderne de la ville et la chaleur de leurs retrouvailles donne à la scène une vraie puissance émotionnelle. Cette évolution prometteuse est toutefois de courte durée : le film retombe vite dans ses recettes habituelles.

La fin de Through My Window: Across the Sea laisse la porte ouverte à d’autres suites, mais cette perspective ressemble davantage à une décision commerciale qu’à une nécessité narrative. La conclusion est suffisamment satisfaisante, sans toutefois posséder le poids émotionnel qui la rendrait vraiment mémorable. C’est dommage, car l’exploration de l’amour à distance et du développement personnel aurait de quoi toucher le public.

Through My Window: Across the Sea est une suite imparfaite mais divertissante, qui devrait plaire aux amateurs du premier film. Elle peine cependant à s’affranchir de son propre goût pour l’absurde et à construire un récit cohérent. Ses points forts résident dans son esthétique visuelle et dans l’alchimie de ses interprètes principaux, mais le scénario, qui privilégie le spectaculaire au détriment du fond, les fragilise régulièrement.

La réalisation de Forés est maîtrisée, mais manque d’inspiration et s’appuie trop lourdement sur la formule établie par le premier film. Si la photographie est soignée et les interprétations sincères, la tendance du film à verser dans les excès mélodramatiques finit par le freiner. Les seconds rôles étoffent le récit, mais leur potentiel reste largement inexploité.

La tentative de mêler romance, drame et comédie provoque souvent de brusques ruptures de ton. Les scènes de profonde introspection émotionnelle sont suivies de moments risiblement excessifs, comme l’escalade d’Ares sur le balcon. Ces séquences sont certes divertissantes, mais elles desservent la volonté du film de traiter des thèmes plus sérieux.

Les meilleurs moments du film surviennent lors de la visite de Raquel à Stockholm, où le changement de décor insuffle un nouvel élan au récit. Cette évolution prometteuse ne dure cependant pas : le film revient rapidement à ses recettes habituelles. La fin laisse la porte ouverte à d’autres suites, mais cette perspective tient davantage de la décision commerciale que d’une nécessité narrative.

Au bout du compte, Through My Window: Across the Sea trouvera sans doute son public parmi les amateurs de romances adolescentes. Le film manque toutefois de profondeur émotionnelle et de cohérence narrative pour dépasser les limites de son genre.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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