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Elizabeth Olsen ou comment être artiste dans une franchise à plusieurs milliards de dollars

Penelope H. Fritz
Elizabeth Olsen
Elizabeth Olsen
Photo via The Movie Database (TMDB)
Naissance16 février 1989
Sherman Oaks, Los Angeles, California, USA
Professionactrice
Connu pourAvengers : Infinity War, Avengers : Endgame, Captain America : Le Soldat de l'hiver
RécompensesEmmy · SAG · Critics Choice · Saturn Award nominee, Best Actress in a Television Series (WandaVision, 2021)

Il existe un problème structurel propre au cinéma de franchise que peu d’acteurs nomment publiquement, parce que nommer un problème implique de reconnaître qu’on l’a subi. Elizabeth Olsen l’a nommé. Lorsqu’elle a déclaré que les films Marvel ne correspondent pas vraiment à l’art qu’elle consomme, elle ne se plaignait pas d’un contrat — elle formulait un constat sur la nature même de la franchise : plus le rôle est central, moins l’acteur le contrôle.

Elle est née à Sherman Oaks, en Californie, dans un milieu où le divertissement n’était pas une aspiration mais une réalité quotidienne. Ses sœurs aînées, Mary-Kate et Ashley Olsen, constituaient dans les années 1990 une véritable entreprise du spectacle pour enfants. Elizabeth a compris très tôt que si elle voulait une carrière d’actrice prise au sérieux, elle devrait la construire ailleurs, autrement. Elle a étudié à la Tisch School of the Arts de NYU puis à l’Atlantic Theater Company, où la méthode pédagogique repose sur l’action plutôt que sur le ressenti.

Elizabeth Olsen
Elizabeth Olsen

Martha Marcy May Marlene, en 2011, a été la révélation. Le film de Sean Durkin l’a placée dans le rôle d’une jeune femme qui s’échappe d’une secte rurale et vit dans un présent permanent, sans passé explicable ni futur disponible. C’était un rôle qui exigeait de porter l’intégralité d’un film sans soutien narratif, dans un registre d’ambiguïté totale. Roger Ebert lui a prédit une carrière qu’il ne verrait pas entièrement se déployer.

L’entrée dans le Marvel Cinematic Universe, avec Avengers : L’Ère d’Ultron en 2015, a été une décision stratégique qui a révélé ses propres limites. Sa Wanda Maximoff était trop intérieure, trop ancrée dans la logique du deuil pour les rythmes d’un film d’action. La franchise l’a remarqué et, finalement, construit une série entière autour de cette intériorité : WandaVision, en 2021, a obtenu vingt-trois nominations aux Emmy Awards — un record pour une série limitée — et lui a valu sa première nomination comme meilleure actrice dans une mini-série.

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Doctor Strange dans le multivers de la folie, l’année suivante, a rendu visible la fracture. La franchise faisait de Wanda son antagoniste principal avec une motivation fondée sur la perte — une logique cohérente que l’écriture n’a pas su soutenir. Olsen s’est exprimée sur ses réserves avec une franchise inhabituelle. Elle a confirmé qu’elle ne reviendra pas pour les prochains volets de la saga des Vengeurs.

Ce qui a suivi illustre la cohérence d’un choix. Love & Death, la minisérie d’HBO Max écrite par David E. Kelley, lui a confié le rôle de Candy Montgomery, une femme au foyer méthodiste dans le Texas de 1980, accusée d’avoir tué sa meilleure amie. La critique américaine l’a placé parmi ses meilleures prestations depuis Martha Marcy May Marlene. The Assessment sur Hulu et Eternity sur Apple TV+ confirment une orientation : des projets à petite échelle, précis, sans suite possible.

Elle est mariée à Robbie Arnett, musicien, depuis la fin de l’année 2019. Son prochain film confirmé, Panic Carefully, la réunit avec Julia Roberts. Une série intitulée Seven Sisters est en développement pour Hulu.

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