Cinéma

Mixed by Erry : un voyage vibrant mais inégal à travers la rébellion des mixtapes napolitaines

Martin Cid
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La scène d’ouverture de Mixed by Erry est un montage néonisé de Naples dans les années 80, le bourdonnement des lecteurs de cassettes emplissant l’air tandis que les doigts d’Enrico Frattasio dansent sur les boutons de son enregistreur. C’est une lettre d’amour à une époque et à une culture underground que la réalisatrice Sydney Sibilia capture avec une énergie contagieuse.

Inspiré de faits réels, Mixed by Erry suit trois frères napolitains—Enrico (Luigi D’Oriano), Peppe (Giuseppe Arena) et Angelo (Adriano Pantaleo)—qui transforment leur passion pour la musique en un empire de mixtapes pirates. La force du film réside dans sa vivante évocation des années 80, de la bande-son riche en synthétiseurs aux rues colorées et rugueuses de Naples. La réalisation de Sibilia est percutante, mêlant humour et drame avec un œil attentif pour les détails. La scène où Enrico installe pour la première fois son magasin « Mixed by Erry » est particulièrement captivante, saisissant l’excitation et le désespoir de partir de rien.

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L’humour du film brille dans la représentation des frasques des frères, surtout leurs interactions avec le milieu criminel. La tension entre leurs ambitions commerciales légitimes et leurs opérations illégales crée une tension narrative captivante. Francesco Di Leva, dans le rôle du capitaine Fortunato Ricciardi de la Guardia di Finanza, livre une performance remarquable, apportant de la gravité aux moments plus sérieux du film.

Cependant, Mixed by Erry trébuche sur le développement des personnages. Si D’Oriano incarne avec brio le cœur d’Enrico, les autres personnages semblent souvent unidimensionnels. Peppe et Angelo, malgré leurs rôles cruciaux, manquent de profondeur, et leurs motivations restent floues. Le film peine aussi avec son rythme, notamment dans son troisième acte, où les procédures judiciaires et les séquences en prison s’étirent sans élan narratif suffisant.

La bande-son est un point fort, soigneusement sélectionnée pour évoquer l’époque et renforcer les moments émotionnels de l’histoire. Des morceaux comme « Vamos a la Playa » de Righeira et les compositions originales de SJae apportent authenticité et énergie au film.

En fin de compte, Mixed by Erry offre un regard vivant et divertissant sur un chapitre méconnu de l’histoire de la musique. C’est un film qui résonnera avec les spectateurs appréciant la nostalgie des années 80 et les histoires d’entrepreneurs en herbe, même s’il bute parfois dans son exécution.

Note MCM : 6,7/10 — réalisation 2 / scénario 1,5 / interprétations 2 / originalité 1,5 / adéquation au genre 1,7

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La scène d’ouverture de Mixed by Erry est un montage néonisé de Naples dans les années 80, le bourdonnement des lecteurs de cassettes emplissant l’air tandis que les doigts d’Enrico Frattasio dansent sur les boutons de son enregistreur. C’est une lettre d’amour à une époque et à une culture underground que la réalisatrice Sydney Sibilia capture avec une énergie contagieuse.

Inspiré de faits réels, Mixed by Erry suit trois frères napolitains—Enrico (Luigi D’Oriano), Peppe (Giuseppe Arena) et Angelo (Adriano Pantaleo)—qui transforment leur passion pour la musique en un empire de mixtapes pirates. La force du film réside dans sa vivante évocation des années 80, de la bande-son riche en synthétiseurs aux rues colorées et rugueuses de Naples. La réalisation de Sibilia est percutante, mêlant humour et drame avec un œil attentif pour les détails. La scène où Enrico installe pour la première fois son magasin « Mixed by Erry » est particulièrement captivante, saisissant l’excitation et le désespoir de partir de rien.

L’humour du film brille dans la représentation des frasques des frères, surtout leurs interactions avec le milieu criminel. La tension entre leurs ambitions commerciales légitimes et leurs opérations illégales crée une tension narrative captivante. Francesco Di Leva, dans le rôle du capitaine Fortunato Ricciardi de la Guardia di Finanza, livre une performance remarquable, apportant de la gravité aux moments plus sérieux du film.

Cependant, Mixed by Erry trébuche sur le développement des personnages. Si D’Oriano incarne avec brio le cœur d’Enrico, les autres personnages semblent souvent unidimensionnels. Peppe et Angelo, malgré leurs rôles cruciaux, manquent de profondeur, et leurs motivations restent floues. Le film peine aussi avec son rythme, notamment dans son troisième acte, où les procédures judiciaires et les séquences en prison s’étirent sans élan narratif suffisant.

La bande-son est un point fort, soigneusement sélectionnée pour évoquer l’époque et renforcer les moments émotionnels de l’histoire. Des morceaux comme « Vamos a la Playa » de Righeira et les compositions originales de SJae apportent authenticité et énergie au film.

Sur le plan thématique, Mixed by Erry explore l’intersection entre passion, entrepreneuriat et milieu criminel. C’est une histoire sur les rêves et les longueurs que les gens sont prêts à parcourir pour les réaliser, même si cela signifie opérer en dehors de la loi. Le film aborde aussi le pouvoir de la musique comme force unificatrice, rassemblant des personnes aux horizons divers.

Comparativement, Mixed by Erry se distingue parmi les comédies italiennes par son mélange unique d’humour et de drame. Il n’est pas sans défauts, mais sa représentation touchante des années 80 et de la culture des mixtapes pirates en fait un film marquant. Pour les amateurs d’histoires de sous-dogs, de récits entrepreneuriaux et de la nostalgie des années 80, Mixed by Erry est un incontournable.

En fin de compte, Mixed by Erry offre un regard vivant et divertissant sur un chapitre méconnu de l’histoire de la musique.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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