Cinéma

Medusa Deluxe : un thriller stylisé mais vide

Molly Se-kyung
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Les lumières néon de la salle de compétition clignotent comme une étoile agonisante lorsque Timba (Anita-Joy Uwajeh) trébuche sur le corps sans vie de sa rivale, déclenchant une chaîne de paranoïa et de trahisons dans Medusa Deluxe, le dernier film de Thomas Hardiman. Ce thriller britannique, tourné en un seul plan-séquence, est un défilé énergique mêlant humour piquant et tension tranchante. Un film qui capte l’attention, même s’il ne la mérite pas toujours.

La mise en scène de Hardiman est indéniablement audacieuse. Le plan-séquence n’est pas un simple effet de style ; c’est un choix narratif qui maintient le spectateur en alerte, reflétant la panique claustrophobique des concurrents piégés dans une compétition devenue scène de crime. La photographie, encadrée en format académique, apporte une intimité et une urgence particulières. La caméra se déplace avec précision, serpentant à travers les couloirs éclairés au néon comme un fantôme agité, capturant chaque regard furtif et secret murmuré. Des scènes comme la découverte du cadavre—filmée en un seul plan continu—sont visuellement frappantes, démontrant le talent de Hardiman pour créer une atmosphère immersive.

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Les performances sont ce qui fait vraiment briller Medusa Deluxe. Anita-Joy Uwajeh, dans le rôle de Timba, est exceptionnelle, oscillant entre vulnérabilité et ambition impitoyable. Sa performance est nuancée : ses yeux s’écarquillent de peur avant de se rétrécir sous la suspicion. Elle incarne le cœur émotionnel du film, rendant le parcours de Timba, d’aspirante coiffeuse à détective malgré elle, captivant. Clare Perkins en Cleve apporte une présence magnétique à l’écran, son esprit vif et sa démarche assurée servant d’ancre au chaos énergique du film. La chimie entre Uwajeh et Perkins est électrique, leurs joutes verbales aussi palpitants que n’importe quelle séquence d’action.

La distribution secondaire ne déçoit pas non plus. Kae Alexander en Inez vole chaque scène où elle apparaît, son intensité discrète contrastant avec les personnages plus flamboyants du film. Harriet Webb en Kendra apporte une touche d’humour noir à son rôle, tandis que Debris Stevenson en Etsy ajoute une couche de complexité à sa performance. Chaque acteur apporte une énergie unique à son personnage, donnant à l’ensemble un dynamisme imprévisible.

Néanmoins, Medusa Deluxe trébuche dans son exécution. Le rythme effréné du film, bien que captivant au début, finit par épuiser. La multitude de personnages—chaque fois plus flamboyants les uns que les autres—manquent de profondeur, rendant difficile l’attachement à leur sort. L’intrigue, elle aussi, semble parfois superficielle, s’appuyant sur des rebondissements qui défient la crédibilité. Le mystère central est intrigant, mais sa résolution paraît bâclée, comme si Hardiman avait privilégié le spectacle à la substance.

Le genre choisi est ce qui fait vraiment ressortir Medusa Deluxe. C’est un thriller mystérieux avec une pointe d’humour, mélangeant la tension d’un « whodunit » classique à l’excès camp des concours de beauté. L’esthétique flamboyante et les dialogues vifs du film en font une bouffée d’air frais par rapport aux mystères plus conventionnels. C’est un film qui assume pleinement ce qu’il est : un thriller stylisé, haut en énergie, qui ne se prend pas au sérieux.

Medusa Deluxe est une promesse de débutant entachée par ses propres ambitions. Hardiman a un œil affûté pour le récit visuel et un talent pour tirer des performances captivantes, mais il peine avec le rythme et l’intrigue. Le film est un festin pour les yeux et les oreilles, mais laisse l’esprit sur sa faim.

Les thèmes d’obsession et de compétition sont explorés à travers le prisme du monde de la coiffure, apportant un twist unique au genre du meurtre mystérieux. La passion des personnages pour les cheveux frôle l’obsession, rendant leurs actions à la fois compréhensibles et dérangeantes. C’est cette profondeur émotionnelle qui élève Medusa Deluxe au-dessus des thrillers plus conventionnels.

Comparé à d’autres films du genre, Medusa Deluxe se distingue par ses choix stylistiques. La technique du plan-séquence le différencie des mystères plus traditionnels, créant un sentiment d’urgence et d’immédiateté qui maintient l’attention du spectateur. Cependant, cette technique met également en lumière les faiblesses du film, car le rythme rapide et l’intrigue mince deviennent plus évidents.

Medusa Deluxe est un film pour ceux qui aiment les thrillers stylisés et dynamiques avec une touche d’humour. Il n’est pas destiné aux spectateurs occasionnels en quête d’un mystère simple, mais plutôt à ceux qui apprécient les récits audacieux et les visuels uniques. L’esthétique flamboyante et les dialogues vifs du film en font une alternative rafraîchissante aux mystères plus conventionnels.

En conclusion, Medusa Deluxe est un début stylisé et ambitieux qui montre du potentiel mais échoue dans son exécution. La mise en scène de Hardiman est visuellement frappante, et les performances sont captivantes, mais le rythme et l’intrigue laissent à désirer.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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