Cinéma

Love Is in the Air : une alchimie romantique qui tourne au crash

Alice Lange
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Le moteur de l’hydravion toussote et finit par démarrer sur fond de bleu éclatant de la Grande Barrière de corail : nous voilà plongés dans Love Is in the Air, la comédie romantique australienne d’Adrian Powers, qui voudrait nous offrir une escapade ensoleillée, mais reste surtout coincée sur le tarmac. Delta Goodrem retrouve les écrans après près de vingt ans d’absence dans le rôle de Dana Randall, une pilote d’hydravion farouchement indépendante qui se bat pour empêcher l’entreprise familiale de sombrer. Lorsque la direction envoie William Mitchell (Joshua Sasse) pour mettre définitivement son activité à l’arrêt, les étincelles ne tardent évidemment pas à jaillir.

Powers, qui a coécrit et réalisé le film, semble vouloir retrouver le charme naturel des comédies romantiques classiques comme Strictly Ballroom ou de la série turque Sen Çal Kapımı, mais le résultat tient souvent davantage de l’imitation maladroite que de l’hommage sincère. Le principal atout du film reste son décor : les vues aériennes du littoral du Queensland sont à couper le souffle, et Powers s’en sert pour installer une impression de liberté et d’aventure qui ancre le récit dans un cadre bien réel. Goodrem, surtout connue comme chanteuse pop, insuffle une énergie indéniable à Dana, même si le personnage n’est pas beaucoup plus profond que le réservoir de l’hydravion.

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C’est toutefois dans l’alchimie entre Goodrem et Sasse que le film trébuche le plus lourdement. Leurs échanges sonnent faux et leur tension amoureuse paraît fabriquée plutôt que spontanée. Une scène importante, où ils échangent un baiser après avoir trop bu à la suite d’une bagarre dans un bar, se veut enjouée, mais semble maladroitement mise en scène et prive le moment de toute véritable émotion. Les tentatives d’humour tombent souvent à plat, trop dépendantes des clichés et des recettes faciles. L’intrigue secondaire consacrée à Nikki (Steph Tisdell), la meilleure amie de Dana, paraît particulièrement plaquée et n’apporte presque rien au récit, si ce n’est des longueurs inutiles.

Là où Love Is in the Air trouve davantage ses marques, c’est dans sa façon d’assumer les codes du genre. Le dernier acte, sur fond de meeting aérien local, offre de vrais moments de frisson — romantiques et pas seulement —, tandis que Powers laisse enfin l’histoire prendre son envol. Une séquence où Dana et William partagent un vol en hydravion à deux constitue un rare instant d’intimité tranquille entre les deux protagonistes, et c’est là que le film atteint son sommet visuel.

La performance de Goodrem est le principal salut du film. Elle donne à Dana une détermination attachante, même si le personnage est aussi peu développé que la fine coque en aluminium de l’hydravion. Sa complicité avec Roy Billing, qui incarne son père, Jeff Randall, est la relation la plus sincère et la plus touchante du film. Billing vole la vedette dans chacune de ses scènes, apportant des moments de chaleur et d’humour que le reste du film peine à égaler.

Le reste de la distribution est plus inégal. William Mitchell, interprété par Joshua Sasse, fait le travail, mais ne laisse pas de souvenir : il lui manque le charisme et la profondeur nécessaires pour rendre le personnage véritablement captivant. Nikki, sous les traits de Steph Tisdell, manque de relief et se voit réduite à un rôle de faire-valoir comique. Daniela Pizzirani, en Serena, et Mia Grunwald, en Michelle, apportent une énergie bienvenue lors de leurs brèves apparitions, mais leurs personnages restent finalement relégués au second plan.

La réalisation de Powers est compétente, mais manque d’inspiration. Le cinéaste s’appuie trop sur des cadrages et des choix de montage prévisibles, sans rien proposer de neuf ni de stimulant. Le rythme s’essouffle dans le deuxième acte, tandis que le jeu du chat et de la souris entre Dana et William finit par lasser. L’intrigue secondaire autour d’une prise de contrôle par une entreprise manque cruellement d’originalité, et les tentatives du film d’introduire un commentaire social tombent à plat.

Sur le plan thématique, Love Is in the Air laisse une impression mitigée. Le film aborde la famille, l’indépendance et le conflit entre tradition et progrès, sans jamais creuser assez ces sujets pour dire quelque chose de réellement pertinent. Son message — l’amour peut tout vaincre — est aussi prévisible que creux, faute de substance dans les personnages comme dans l’histoire.

Les aspects techniques sont solides, sans être remarquables. La photographie est agréable à l’œil et la Grande Barrière de corail offre un décor spectaculaire, mais la mise en images manque de créativité et de maîtrise artistique pour vraiment se démarquer. La musique, elle, s’oublie vite et ne renforce pas les moments d’émotion de manière significative.

Love Is in the Air est une comédie qui plaira sans doute aux amateurs de romances légères et de la musique de Goodrem, mais qui a peu à offrir à ceux qui attendent un récit plus consistant.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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