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Scissor Seven : une vision hilarante et sombre de la vie d’assassin

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Dès sa scène d’ouverture, Scissor Seven donne le ton : Seven, un barbier amnésique armé de ciseaux et doublé par son créateur, Xiaofeng He, tente maladroitement de commettre un assassinat. Ses pitreries contrastent avec la sombre réalité de son métier. Ce décalage entre comédie burlesque et univers clandestin des assassins est au cœur de la série créée par He, adaptée d’un manhua chinois en donghua et devenue depuis un rendez-vous apprécié d’un public fidèle.

Au fond, Scissor Seven est une aventure qui mêle les genres avec une étonnante cohérence : animation, comédie, action et science-fiction s’y côtoient. Le héros, Seven, est barbier sur l’île Chicken, où il se retrouve pris dans une lutte de pouvoir entre factions rivales. Son amnésie et son manque de savoir-faire en matière d’assassinat font de lui un héros improbable, mais la série tire précisément parti de cette absurdité. L’humour fonctionne parce qu’il naît des personnages : les efforts sincères de Seven pour retrouver la mémoire et faire ses preuves comme tueur sont à la fois hilarants et étrangement touchants.

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L’animation, élégante et expressive, s’appuie sur des séquences d’action dynamiques qui tranchent avec les passages plus comiques. Le jeu vocal, notamment dans les versions doublées en mandarin et en anglais, donne davantage d’ampleur à l’ensemble et de la profondeur aux personnages les plus extravagants. Ji Dabao (Jiang Guangtao), par exemple, est un manager à l’allure de poulet qui se révèle étonnamment imposant, tandis que Plum Blossom Thirteen (Duan Yixuan) donne une réelle intensité émotionnelle à son personnage, sous des dehors intraitables.

La série réussit surtout à trouver un équilibre naturel entre les tonalités et les genres. Cette comédie n’hésite pas à aborder des thèmes plus sombres, comme la perte de mémoire, l’identité et les conséquences de la violence. La relation entre Seven et Plum Blossom Thirteen est particulièrement captivante : leur dynamique évolue, passant de l’affrontement à un lien plus subtil et chargé d’émotion. Ce cœur sensible ancre le récit et permet aux moments les plus absurdes de sembler justes plutôt que forcés.

Scissor Seven n’est toutefois pas sans défauts. Le rythme peut parfois manquer d’unité, les aventures épisodiques prenant à l’occasion le pas sur l’intrigue générale. Certains éléments de l’univers sont développés un peu vite, et l’humour burlesque omniprésent ne parlera pas à tout le monde. Enfin, si l’équilibre entre comédie et action fonctionne dans l’ensemble, les changements de ton paraissent parfois abrupts plutôt que fluides.

La série peine aussi à trouver son public. Elle bénéficie d’une communauté de fans fidèle, notamment en Chine et parmi les amateurs d’anime, mais ne jouit pas de la popularité grand public d’autres séries animées. Son mélange singulier de genres y est peut-être pour quelque chose : difficile à classer, elle échappe aux repères habituels. Mais cette singularité fait aussi sa force et lui permet d’apporter une touche de nouveauté dans un paysage souvent dominé par des récits plus conventionnels.

Les comparaisons avec d’autres anime et séries d’animation sont inévitables, mais Scissor Seven se taille une place à part. La série partage certains traits avec des œuvres comme Cowboy Bebop et Samurai Champloo, en mêlant action, comédie et une pointe d’existentialisme. Son humour est toutefois plus burlesque et son ton, globalement, plus léger. Elle peut ainsi séduire un public plus large tout en explorant des thèmes profonds.

Les interprétations vocales sont l’un des points forts de la série, et celle de He dans le rôle de Seven se distingue particulièrement. Son jeu restitue la sincérité et la vulnérabilité du personnage, qui reste un héros attachant malgré les situations absurdes dans lesquelles il se trouve. La prestation de Duan Yixuan en Plum Blossom Thirteen mérite tout autant d’être saluée : elle apporte à son rôle un mélange de dureté et de profondeur émotionnelle.

L’originalité est l’un des principaux atouts de la série. Là où bien des œuvres mêlant les genres tombent dans certains pièges, elle trouve une voix singulière qui la distingue. Les scènes d’action sont inventives, l’humour bien affûté et les moments d’émotion touchent avec une force surprenante. Cette originalité se retrouve aussi dans la construction de l’univers : l’île Chicken offre un décor riche et détaillé, à la fois familier et inédit.

Dans son mélange des genres, Scissor Seven excelle à associer comédie et action sans heurt. La série ne se prend pas trop au sérieux, tout en sachant ménager des moments sincères et touchants. La complicité entre Seven et Thirteen, en particulier, apporte une profondeur émotionnelle à un point de départ par ailleurs absurde. En jouant avec les codes des genres et en associant humour et véritables enjeux, elle se démarque dans un paysage très encombré.

Scissor Seven est loin d’être parfaite, mais son mélange original de comédie et d’action, porté par des interprétations solides et une animation inventive, en fait une série qui mérite le détour pour les amateurs du genre. Elle ne se prend pas trop au sérieux, sans renoncer pour autant aux moments sincères et touchants. La complicité entre Seven et Thirteen, en particulier, donne une profondeur émotionnelle à ce point de départ par ailleurs absurde.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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