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Good Times : le reboot passe à côté de l’esprit de l’original malgré un excellent doublage

Un autre retour dans le temps pour que, dans un autre univers parallèle et une autre réalité, les Evans reviennent à la vie dans cette version très déjantée de la série des années 70
Martha O'Hara
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Le générique d’ouverture de « Good Times » nous plonge dans une cité de Chicago animée et chaotique, où l’appartement de la famille Evans déborde de vie. La caméra se rapproche de Junior, doublé par Jay Pharoah, qui rit aux éclats de sa propre blague, tandis que sa sœur Grey, doublée par Marsai Martin, lève les yeux au ciel, exaspérée. Ce reboot animé, créé par Carl Jones et Ranada Shepard, tente de retrouver l’esprit de la sitcom originale, mais peine à convaincre dans son exécution.

Au fond, « Good Times » est une relecture irrévérencieuse et mordante des difficultés et des réussites de la famille Evans. La série suit Junior, qui reprend le rôle de J.J. dans la série originale, Grey, l’équivalent de Thelma, et Dalvin, inspiré de Michael, alors qu’ils font leur chemin dans une cité de Chicago. Parmi les seconds rôles, Yvette Nicole Brown se distingue dans celui de Beverly Evans, auquel elle apporte chaleur et humour, tandis que JB Smoove, dans la peau de Reggie Evans, offre des moments comiques mémorables.

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Le doublage est globalement réussi, et les prestations de Pharoah et Martin, particulièrement marquantes, donnent de l’épaisseur à leurs personnages. Junior, interprété par Pharoah, exprime toute l’exubérance du personnage et son sens du rythme comique, tandis que Martin campe une Grey tout en nuances, tiraillée entre son intelligence et son exaspération face au monde qui l’entoure. L’alchimie entre les principaux membres de la distribution est évidente, et rend leurs échanges aussi vivants que divertissants.

La série donne le meilleur d’elle-même lorsqu’elle renoue avec ses racines comiques, grâce à une écriture incisive et à une animation inventive qui restitue l’humour de la série originale. Des épisodes comme « The Checkup » abordent efficacement des sujets graves, tels que la pauvreté et le chômage, tout en conservant un ton léger. Le style d’animation, moderne et coloré, donne un nouveau souffle visuel aux intrigues classiques. Les couleurs vives et les décors dynamiques composent un univers saisissant, qui plonge le spectateur dans le quartier de la famille Evans.

Mais « Good Times » (2024) se montre moins convaincant lorsqu’il force le trait pour paraître mordant ou irrévérencieux. Certaines blagues tombent à plat et l’humour peut sembler artificiel. Le rythme est inégal : certains épisodes expédient des éléments de l’intrigue, tandis que d’autres s’étirent inutilement. La série peine aussi à trouver un ton cohérent, passant du drame intimiste à la comédie burlesque. Cette irrégularité empêche le public de s’investir pleinement dans les intrigues et les personnages.

À son époque, la série originale « Good Times » faisait figure de pionnière en abordant de front des sujets complexes. Ce reboot tente d’en retrouver l’esprit, mais n’y parvient souvent qu’en partie. Il évoque bien des thèmes actuels comme les difficultés financières et la solidarité au sein de la communauté, mais sans la profondeur ni les nuances de la série d’origine. L’équilibre entre humour et sujets graves que celle-ci savait trouver est difficile à égaler, et cette nouvelle version n’y arrive pas tout à fait. La série originale, par exemple, abordait la violence des gangs, le racisme et la toxicomanie en mêlant comédie et drame d’une manière authentique et marquante. À l’inverse, la version de 2024 semble souvent vouloir à tout prix se donner un ton mordant, sans approfondir suffisamment les problèmes de fond.

L’un des épisodes les plus réussis, « The Checkup », explore les difficultés financières de la famille Evans, confrontée aux factures médicales et au chômage. L’épisode se sert habilement de l’humour pour souligner la gravité de leur situation, tout en s’écartant de l’approche plus appuyée de la série originale. Cet équilibre est essentiel pour préserver le ton comique de la série tout en abordant des questions sociales importantes.

Le style d’animation est un autre point fort du reboot. Ses images modernes et colorées offrent un regard neuf sur les intrigues classiques et donnent à l’univers davantage de relief et de dynamisme. Mais elles mettent aussi en lumière l’une des faiblesses de la série : son incapacité à retrouver pleinement l’humour de l’original. « Good Times », dans sa version originale, avait un style comique singulier, à la fois irrévérencieux et profondément humain. La version de 2024 tente de le reproduire, mais n’y parvient souvent qu’en partie.

La série originale « Good Times » a ouvert la voie en abordant par la comédie des questions sociales complexes. Elle traitait de thèmes comme la pauvreté, le racisme et les relations familiales en mêlant humour et drame d’une manière authentique et marquante. Le reboot tente de retrouver ce même esprit, mais donne souvent l’impression de vouloir à tout prix se montrer mordant sans approfondir suffisamment les problèmes de fond.

La série originale proposait notamment des épisodes consacrés à la violence des gangs, à la toxicomanie et au chômage, avec un équilibre entre comédie et drame qui sonnait juste et parlait au public. À l’inverse, la version de 2024 semble souvent forcer son ton mordant sans explorer pleinement la complexité de ces sujets.

Le reboot peine également à trouver son public. Il cherche à séduire à la fois les spectateurs plus âgés qui se souviennent de la série originale et les jeunes habitués de l’animation contemporaine, mais ne convainc pleinement ni les uns ni les autres. L’humour et la narration risquent de paraître trop datés aux plus jeunes, tandis que les fans de la première heure pourraient regretter le manque de profondeur et de nuances par rapport à la série originale.

En définitive, « Good Times » (2024) a ses bons moments, mais ne parvient pas à être à la hauteur de l’héritage de la série originale. Le doublage et l’animation sont de vrais atouts, mais le rythme inégal et l’humour forcé le pénalisent.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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