Cinéma

Royalteen : une romance royale rafraîchissante, loin des contes de fées

Martin Cid Magazine
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La scène d’ouverture de « Royalteen » nous plonge dans une fête de lycée où Lena (Ines Asserson) se retrouve dans une situation compromettante. D’emblée, le ton est donné : désordonné, sans filtre, très loin des romances de conte de fées léchées auxquelles nous sommes habitués. Ici, pas de princesses attendant leur prince, mais des personnages bien réels qui tentent de naviguer entre amour, secrets et époque numérique.

Adapté de la série pour jeunes adultes « Royalteen » de Randi Fuglehaug et Anne Gunn H, le film suit Lena, qui cherche à empêcher son passé sulfureux de faire dérailler sa romance naissante avec le prince Kalle (Mathias Storhøi). Le point de départ intrigue, mêlant les ressorts du drame royal à la réalité brute et sans fard de l’adolescence. La mise en scène de Per-Olav Sørensen parvient dans l’ensemble à ancrer ces éléments fantasques dans un univers auquel on peut s’identifier. Le cinéaste évite les écueils d’un récit trop stylisé et privilégie une approche naturaliste, qui donne aux personnages une véritable authenticité.

Ines Asserson livre une prestation remarquable dans le rôle de Lena, auquel elle apporte à la fois vulnérabilité et force. Elle rend avec finesse et conviction le conflit intérieur de son personnage, tiraillé entre son désir de mener une vie normale et le poids de son passé. Mathias Storhøi est tout aussi convaincant en prince Kalle, dont il restitue le charme et les difficultés à concilier devoir et bonheur personnel. L’alchimie entre Asserson et Storhøi est évidente : leur histoire d’amour constitue le cœur émotionnel du film.

Les seconds rôles contribuent eux aussi largement à la réussite du film. Dans le rôle de la mère de Lena, Veslemøy Mørkrid apporte de la profondeur à un personnage qui se montre à la fois préoccupé et solidaire. Elli Rhiannon Müller Osborne insuffle une note d’intrigue à Margrethe, tandis que Sunniva Lind Høverstad, dans le rôle de Renate, offre quelques moments de légèreté. L’ensemble fonctionne bien et compose un univers crédible et prenant.

Le film aborde avec sensibilité des thèmes comme le pardon, la rédemption et les pressions liées à la célébrité à l’ère moderne. « Royalteen » explore les difficultés d’une vie à une époque où le passé de chacun peut être documenté et diffusé en ligne pour toujours. Le sujet est particulièrement pertinent aujourd’hui et devrait parler au public jeune auquel le film s’adresse.

« Royalteen » n’est toutefois pas exempt de défauts. Le rythme et les choix de structure comptent parmi ses principales faiblesses. Le récit paraît souvent morcelé et passe d’une intrigue secondaire à l’autre sans leur laisser le temps de se développer suffisamment. On a parfois l’impression que le film veut faire entrer trop d’éléments dans sa durée, ce qui donne une certaine impression de décousu. Cela se voit particulièrement dans le troisième acte, où plusieurs fils narratifs convergent de façon un peu précipitée et peu satisfaisante.

Par ailleurs, certaines scènes plus dramatiques versent dans un mélodrame excessif, au risque d’affaiblir le ton par ailleurs ancré dans le réel. Ainsi, la scène où Lena fait une crise de panique pendant une fête ressemble davantage à un cliché qu’à un véritable moment d’émotion. Le film peine aussi à trouver son équilibre de ton : il oscille entre comédie romantique et drame sérieux sans toujours parvenir à les concilier harmonieusement.

Malgré ces défauts, « Royalteen » propose suffisamment de moments prenants et de prestations solides pour mériter le détour. Le film prend des risques, même si tous ne sont pas payants. La mise en scène de Sørensen parvient dans l’ensemble à créer un univers authentique et captivant, et les interprétations d’Asserson et de Storhøi comptent parmi les grands atouts du long métrage.

Les thèmes du pardon et de la rédemption sont particulièrement bien développés, ce qui fait du film une œuvre pertinente et stimulante pour le public auquel elle s’adresse. Les problèmes de rythme et de structure nuisent à l’expérience dans son ensemble, mais « Royalteen » parvient malgré tout à raconter une histoire prenante, portée par une véritable résonance émotionnelle.

Du point de vue du genre, « Royalteen » se situe efficacement à la frontière entre romance et drame. Ce n’est ni une romance de conte de fées traditionnelle, ni un récit d’apprentissage classique. Le film mêle plutôt des éléments des deux genres pour construire une histoire singulière et captivante. Son originalité tient à sa capacité à ancrer des éléments fantasques dans un contexte auquel on peut s’identifier, ce qui le distingue des autres films du genre.

Au bout du compte, « Royalteen » touchera surtout les jeunes adultes qui se reconnaîtront dans ses thèmes : l’amour, les secrets et les pressions de la vie moderne.

Distribution

Photos : The Movie Database (TMDB)

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