La Sculpture La Plus Iconique Et Unique De Rembrandt Bugatti Chez Bonhams Cornette De Saint Cyr

J’espère et je crois réussir à faire une œuvre qu’aucun sculpteur animalier ancien ou moderne n’ai fait […] 

Rembrandt Bugatti

Paris – Le mercredi 5 juin, Bonhams Cornette de Saint Cyr proposera dans la vente Impressionniste et Moderne du 5 juin 2024 une exceptionnelle sculpture de Rembrandt Bugatti, présentée dans toutes les grandes expositions de l’artiste. Trois panthères marchant est une pièce unique réalisée vers 1905 en bronze et fondue par Adrien-Aurélien Hébrard. Jamais vu sur le marché, ce bronze est le seul à représenter trois panthères, n’a été suivi d’aucune édition et est estimé entre 3,5 et 5,5 millions d’euros.

Bénédicte van Campen, spécialiste internationale Senior chez Bonhams, a déclaré : « Cette œuvre est la sculpture la plus emblématique et la plus iconique de Rembrandt Bugatti, qui a connu une carrière brève mais très productive. Elle est vraiment unique : avec sa taille imposante, il s’agit de la seule fonte représentant les trois panthères ensemble. La patine est extraordinaire. On comprend que ce chef-d’œuvre fasse la couverture du catalogue raisonné de l’œuvre de l’artiste par Véronique Fromanger. »

Au début du XXe siècle, Bugatti, tout jeune sculpteur italien découvre, à travers sa rencontre avec les animaux, ce qui deviendra le but de sa vie. S’il commence par sculpter des vaches, Bugatti trouve ensuite des modèles plus exotiques dans les zoos de Paris et d’Anvers. Des animaux tels que le fourmilier, le tapir, la cigogne marabout, le yack, le rapace, l’éléphant, le lion et le kangourou font leur entrée dans l’histoire de l’art européen en tant que sujets sculptés pour la première fois. Après une longue observation, Bugatti exécute ses sculptures sur le vif devant l’animal. Sa capacité à capturer l’instant présent, lui permet de saisir l’expression et la posture de chaque animal, créant ainsi des portraits d’une incomparable vérité.

C’est en 1903 que Bugatti, installé désormais à Paris avec ses parents, découvre le Jardin des Plantes. Il se rend tous les jours à la Ménagerie pour voir les animaux exotiques et les grands prédateurs. Son attention se porte sur les panthères qui sont « ses compagnons de vie et de travail ». Il prend le temps de les observer tous les jours et travaille in situ devant leurs cages. Comme l’indique Véronique Fromanger dans son catalogue raisonné Rembrandt Bugatti sculpteur, répertoire monographique : « L’instant, Bugatti le saisit dans l’analyse et la synthèse, dans un face à face permanent à force d’observer son modèle avec tout son mental et tout son système nerveux, avec tous ses sens, avec les sons, avec les odeurs ; il le fixe mentalement et l’imprime dans sa mémoire visuelle, sensorielle, manuelle pour le restituer en modelage en de multiples dimensions.».

Bugatti saisit les créatures dans toute leur puissance et leur agilité. La musculature extraordinaire et le poids des félins en mouvement sont perceptibles. En choisissant de les sculpter à main levée, Bugatti synthétise les animaux en mouvement d’une manière à la fois précise et complexe. « Bugatti modèle son sujet sur le vif, d’un seul jet jusqu’à son achèvement, sans croquis préparatoire, ni photographie, sans reprise ni à l’atelier ni au moulage. »

L’œuvre de Bugatti se distingue généralement par une remarquable maîtrise du médium, par sa spontanéité et sa liberté du geste. Son sens de l’observation et sa forte capacité d’empathie confèrent à son œuvre une présence et une authenticité saisissantes.

Bugatti a vingt ans lorsqu’il rencontre son fondeur et marchand, Adrien Aurélien Hébrard. Dans l’introduction du premier catalogue d’exposition de l’artiste en 1904, Hébrard écrit : « Ce fut d’abord la méfiance que m’inspira ce joli nom ronflant, évocateur de tant de gloire et de trop d’art, alors qu’un ami m’engageait vivement à voir les travaux du jeune artiste […] Au lieu du petit Italien adroit de ses mains, je trouvais un véritable artiste. […] Il m’arrive trop rarement de trouver un artiste sincère et personnel pour que ce ne soit pas une joie pour moi de le faire connaître au public. »[3] Chaque année, Hébrard expose les nouvelles œuvres de Bugatti dans sa galerie de la rue Royale à Paris. Tous les cinq ans, il organise une rétrospective qu’il fait tourner dans les Salons officiels français et étrangers de l’époque, à Venise, Milan, Bruxelles, Berlin, Anvers et New York.

Biographie

Rembrandt Bugatti naît à Milan le 16 octobre 1884 de Carlo Bugatti et Thérèse Lorioli. Son oncle, le peintre Giovanni Segantini, choisit son prénom, mais la famille le surnomme Pempa. Bugatti aide son père dans son atelier, 13 via Marcona.

1899: Carlo trouve dans son atelier une sculpture représentant un paysan conduisant quatre vaches : ce sera la première œuvre de Bugatti.

1903: Première exposition à la Biennale de Venise. Peu après, Bugatti expose ses sculptures à Turin et à Milan. La famille s’installe à Paris, rue Jeanne d’Arc, dans le 13e arrondissement. Bugatti travaille au Jardin des Plantes et devient membre de la Société Nationale des Beaux-Arts.

1904: Il rencontre Adrien-Aurélien Hébrard, fondeur, éditeur et marchand d’art, et expose pour la première fois dans sa galerie, 8 rue Royale, à Paris. Il est sous contrat et présente pour la première fois ses œuvres au Salon de la Société des Beaux-Arts.

1905: Première exposition au Salon d’Automne.

1906: Il reçoit le grand prix de sculpture de Milan.

1907: Il part en Belgique et s’installe à Anvers. Il travaille au zoo, le plus grand d’Europe à l’époque. À Paris, il participe à une grande exposition d’art italien aux Serres de l’Alma. Une première monographie est consacrée à son œuvre, écrite par son ami et critique d’art : Rossi-Sacchetti.

1908: Il retourne à Paris pour quelques mois.

1909-1910: Une exposition majeure est organisée dans la Salle des Marbres de la Société Royale Zoologique d’Anvers du 15 mai au 10 juin 1910.

1911: La Galerie A.-A. Hébrard organise une grande exposition rétrospective. Bugatti est décoré de la Légion d’honneur.

1914: En juin, Hébrard organise la première exposition personnelle de Bugatti aux États-Unis, à la Goupil Gallery à New York. À l’approche de la guerre, en août, les animaux dangereux du zoo d’Anvers sont sacrifiés pour transformer les habitations en hôpital pour les blessés de guerre.

1915: Il part s’engager en Italie, mais revient rapidement à Paris pour aider sa famille.

1916: Traumatisé par la guerre et souffrant de la tuberculose, Bugatti met fin à ses jours dans son atelier, rue Joseph Bara, à Paris, le 8 janvier, à l’âge de 32 ans.

Lisbeth Thalberg
Lisbeth Thalberghttp://lisbeththalberg.wordpress.com
Journaliste et artiste (photographe). Rédacteur en chef de la section artistique de MCM. Contact : art (@) martincid (.) com Nouvelles de l'art
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